L'idée était intéressante, mais s'était vite dégonflée. Les villes n'en voulaient pas et les promesses d'économie tenaient de la pensée magique.
La Coalition avenir Québec (CAQ) revient aujourd'hui à la charge avec un projet qui, manifestement, a été affiné. Moins brouillon et plus réaliste.
La CAQ ne vise plus seulement des économies de budget, mais une amélioration des services directs aux élèves dans les écoles.
Le candidat de la CAQ dans Louis-Hébert, Michel Hamel, fut pendant 10 ans directeur général de la commission scolaire des Premières-Seigneuries.
Nous avons échangé un bon moment sur la proposition de son parti, que je déclinerais comme suit :
1. Abolir les commissions scolaires, le Conseil des commissaires et les élections qui, de toute façon, n'intéressent personne, faute d'enjeux. Le dernier taux de participation fut inférieur à 8 %.
2. Remplacer les commissions scolaires par des centres de services régionaux. Ceux-ci prendraient en charge le transport, la paie des enseignants, etc. Pour la région de Québec, le centre couvrirait le territoire de cinq commissions scolaires, ce qui fait espérer des économies d'échelle.
3. Les employés des commissions seraient réaffectés vers les centres de service ou à l'aide aux devoirs dans les écoles. Les départs à la retraite ne seraient pas remplacés.
4. La taxe scolaire serait maintenue, mais sa perception confiée aux municipalités moyennant compensation.
5. Une partie des économies réalisées serait distribuée aux écoles.
Faire disparaître une institution aussi impopulaire que les commissions scolaires ne fera pleurer personne. Surtout avec la sale réputation de gaspillage qu'elles traînent désormais.
Mais le geste a surtout valeur de symbole. Dans les faits, il s'agit de remplacer une institution par une autre.
C'est souvent ainsi quand un gouvernement s'attaque aux structures et organismes. Celui qu'on coupe finit par revivre sous un autre nom ou un autre chapeau.
La CAQ croit que sa réforme peut réduire de moitié les coûts administratifs. Sauf que le potentiel d'économie reste limité.
Les dépenses «administratives» ne comptent que pour 5 % des budgets des commissions scolaires. Aux Découvreurs, cette année, 6,6 millions $ sur un budget de 140 millions $. Le reste est relativement incompressible sans toucher aux services ou au personnel.
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Le projet de la CAQ mérite réflexion et je n'ai aucune objection de principe à envisager l'abolition des commissions scolaires.
Je me méfie cependant des promesses d'économies résultant de la fusion des services de transports ou de paie.
Quand une structure grossit, elle a tendance à s'alourdir. Souvenons-nous des fusions municipales. Ces fusions ont donné de bons résultats à beaucoup d'égards, mais n'ont pas donné d'économies d'échelle.
Je me méfie aussi des coûts de réorganisation et de création des centres de services, qui pourraient vite avaler les économies.
Je note par ailleurs que plusieurs écoles de la périphérie dans des quartiers en expansion ont déjà des problèmes de manque d'espace. Y diriger du personnel supplémentaire, même si c'est pour d'excellents motifs, va amplifier le problème. La plupart des écoles disposent cependant des locaux nécessaires.
J'adhère à l'idée d'abolir les élections et les conseils de commissaires; j'aime bien aussi l'idée de ressources supplémentaires et d'une autonomie accrue pour les écoles; je suis d'accord pour réduire par attrition le personnel d'encadrement excédentaire.
Malgré mes doutes sur les résultats, je veux bien fusionner sur une base régionale la gestion de certains services scolaires.
Il y a pourtant une chose qui me chicote. J'ai l'impression que la plupart de ces réformes pourraient être menées sans casser toutes les structures.
Mais je comprends que lorsqu'on veut incarner un changement radical, il faut des symboles et des trophées de chasse à mettre sur le hood de son bulldozer.