Duchesneau: tout un copilote!

Gilbert Lavoie
Le Soleil

(Québec) «Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en.» C'est peut-être vrai dans le monde du commerce, mais est-ce véritablement le cas en politique? Cela reste à voir. Quasiment ignoré par les médias l'hiver dernier après avoir perdu du galon dans les sondages, François Legault est sur la sellette depuis qu'il a lancé ses deux poids lourds dans la campagne électorale, Gaétan Barrette et Jacques Duchesneau.

Cela fait maintenant six jours que les déclarations de Duchesneau sèment la controverse et dominent l'actualité, forçant M. Legault à rectifier le tir ou à s'expliquer. La déclaration de mercredi au Globe and Mail, selon laquelle des ministres libéraux et péquistes ont été impliqués dans des opérations illégales de financement politique, a ramené la caméra sur M. Legault, lui-même un ancien ministre péquiste. Il a été forcé de dire qu'il n'avait pas vu d'entorses à la loi dans le financement lorsqu'il était au Parti québécois, ce qui a semblé étonner grandement... son ancien collègue Jean-Pierre Charbonneau, sur les ondes de RDI.

Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en? Je ne suis pas certain que les autres candidats de François Legault soient bien heureux de voir leur nouveau collègue agir comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. En recrutant de tels candidats, M. Legault voulait démontrer qu'il avait une équipe capable de gouverner. Il a affirmé qu'après avoir géré l'ego des pilotes d'avion chez Air Transat, il saurait gérer ceux de Jacques Duchesneau et de Gaétan Barrette. Le problème, c'est qu'avec Duchesneau comme copilote, l'avion caquiste ne suit plus son plan de vol.

Les p'tits cadeaux libéraux

Les petits cadeaux des partis politiques donnent-ils vraiment des votes aux élections? J'ai toujours été sceptique devant ce genre de manoeuvres. J'ai donc posé la question à un stratège mercredi matin : est-ce que la promesse libérale de donner 100 $ par année par enfant au primaire pour le matériel scolaire augmentera les appuis le 4 septembre? Ou encore cet engagement d'accorder un crédit d'impôt de 1500 $ aux travailleurs qui décident de continuer de travailler passé l'âge de 62 ans?

La réponse? Ces petites promesses sont des outils pour les candidats sur le terrain. Les parents d'une petite famille d'un milieu modeste seront plus attentifs aux explications du député sortant devant un tel engagement que devant de grandes promesses usées comme celle de baisser les impôts ou de lancer un programme pour réduire le nombre de bénéficiaires de l'aide sociale.

Autre question : pourquoi avoir fait une avalanche d'annonces de subventions ou de travaux d'infrastructures avant le déclenchement des élections? Cela donne l'impression de vouloir acheter des votes, non?

La réponse? Ces annonces servent généralement à évacuer des demandes du milieu de la campagne électorale. Le gouvernement en fait l'annonce avant le déclenchement des élections pour éviter que le chef du parti ne soit harcelé sur le sujet par les édiles municipaux ou les journalistes lorsqu'il arrive dans une ville ou une région.

Voilà pour les stratégies. Si Jacques Duchesneau se tient tranquille pendant les 24 prochaines heures, ma prochaine chronique portera peut-être sur le retour du conflit étudiant. J'ai bien dit peut-être...

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