À 75 000 personnes, celles-ci sont à la limite et des spectateurs ont du mal à voir, a expliqué le maire.
Les réactions n'ont pas tardé. Celle du dg du Festival, Daniel Gélinas, pour qui «rien ne peut remplacer les Plaines».
M. Gélinas a bien raison. Rien ne peut remplacer les Plaines, ses pelouses, son inclinaison naturelle, sa symbolique, sa proximité avec le centre-ville et les autres scènes du Festival.
Québec s'est battue pour amener le Festival sur les Plaines et des infrastructures de service.
Au moment où le site atteint une renommée et devient un argument de vente pour des artistes internationaux, ce serait absurde de l'abandonner.
Étonné de voir le remous, le maire a fait comme si on s'était tous excités pour rien.
Bien sûr que les Plaines, c'est le «site idéal, le site parfait, bucolique». «Samedi, c'était tellement magique».
Pas question de déloger le Festival, assure-t-il.
Il pensait plutôt à un site «alternatif», près du nouvel amphithéâtre. Une sorte de police d'assurance, au cas (improbable) où la Commission des champs de bataille nationaux interdirait l'accès aux Plaines ou voudrait prélever un loyer déraisonnable.
«On sait ce qui peut arriver aux prix s'il y a un monopole».
«PKP s'en vient en ville», rappelle le maire. Et puis il y a QuébéComm, le Festival et les gros bookers comme Live Nation ou AEG.
Le site de l'amphithéâtre pourrait aussi accueillir des événements de sport, rodéos, courses de motoneige, etc., qu'on imagine plus difficilement sur les Plaines.
Il y a longtemps que la Ville songe à un «plan B» si ça «tourne mal» sur les Plaines, plaide le maire.
Il a presque réussi à faire oublier ce qu'il avait dit la veille sur la capacité des Plaines, la vision et le confort des spectateurs.
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Dommage. Je trouvais qu'il tenait un bon sujet. J'en avais touché un mot dans ma chronique de dimanche.
Le débat sur la capacité des Plaines en cache un autre, plus délicat : un débat sur l'âge et ses aléas.
Jusqu'où faut-il accommoder les boomers et autres quinquagénaires dont le corps usé ne suit plus comme avant dans la cohue des grosses foules?
Ces corps qui manquent d'air, ne souffrent plus d'attendre des heures au soleil ou sous la pluie, de faire la file aux toilettes ou de se retenir; ces corps qui peinent parfois à rester debout des heures durant.
Vous riez, mais j'entends de plus en plus de citoyens qui ont fréquenté le Festival me dire qu'ils y renoncent désormais pour cause d'inconfort.
Un show rock est, par nature, un peu chaotique et désordonné. Dérangeant. On ne va pas au rock comme à l'opéra ou à l'OSQ avec son siège réservé et les chaises n'ont pas leur place sur un parterre du rock. Il y a un prix physique à payer.
La question: ceux qui ne peuvent plus suivre doivent-ils faire leur deuil des Plaines? Accepter que le rock n'est plus de leur âge et rester à la maison en attendant l'hospice? Pas facile, surtout quand le spectacle met en scène des boomers qui ont le même âge. Va-t-on faire des shows de boomers juste pour les jeunes?
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Les Plaines sont grandes et les gens du Festival, créatifs. Ils ont aussi le sens des affaires.
À McCartney, on a trouvé le moyen de planter des écrans un peu partout, dans l'arrière-scène, à la Croix du Sacrifice et jusqu'à Lévis.
Pourquoi pas lors de d'autres spectacles où on prévoit des débordements? On pourrait y permettre des chaises et des couvertures dans l'herbe. Exiger le laissez-passer ou un tarif particulier.
Cela décongestionnerait le site principal et donnerait aux corps meurtris, ou inquiets de l'être, le plaisir d'être encore dans le coup.