Et si on y allait le 10 septembre...

Gilbert Lavoie
Le Soleil

Ce n'est encore que spéculations et rumeur, mais si elles devaient s'avérer, Jean Charest pourrait déclencher des élections pour le 10 septembre, au lieu du 17. Pourquoi devancerait-il l'échéance? Pour passer avant la reprise des travaux de la commission Charbonneau, le 17, et pour contourner les problèmes qui risquent de marquer la rentrée scolaire. On fait également valoir que le 17 septembre coïnciderait avec la fête juive Rosh Hashana, mais ce n'est pas un empêchement légal.

Pour des élections le 10 septembre, M. Charest devrait déclencher la campagne le 8 août. Vérification faite auprès du Directeur général des élections, un tel scénario demeure théoriquement possible, même si le vote par anticipation devrait alors se tenir pendant la fin de semaine de la fête du Travail. S'il voulait une date encore plus rapprochée, Jean Charest aurait même le droit de tenir les élections le mardi 4 septembre, même si le vote se tient généralement les lundis. Le déclenchement devrait toutefois se faire le 1er août, ce qui serait vraiment très tôt et inhabituel.

Peu importe la date des élections, les comités de transition des partis doivent s'attaquer tout de suite à la formation de leur équipe ministérielle en cas de victoire. Jean Charest a déjà commencé à dresser sa liste à la lumière des postes laissés vacants par ceux qui partent comme Yvon Vallières, ou qui sont déjà partis, comme Line Beauchamp.

Pauline Marois aura une préoccupation supplémentaire dans cet exercice: avec le départ de Sylvain Simard, seulement quatre députés de son caucus ont une expérience ministérielle, soit Nicole Léger, Agnès Maltais, Marie Malavoy et François Gendron. Lorsqu'ils étaient au pouvoir, aucun d'entre eux n'a présidé aux Finances publiques, à la Santé ou à l'Éducation, les postes les plus stratégiques du gouvernement. Mme Léger a passé deux ans et demi à la Famille, Mme Malavoy a été à la Culture et aux Communications pendant deux mois, et Mme Maltais a occupé le même poste pendant deux ans et demi pour devenir brièvement et successivement déléguée à la Santé et à l'Emploi à la fin du mandat péquiste en 2002. François Gendron a touché au Développement économique et aux Ressources naturelles il y a longtemps... et il est en fin de carrière.

Mme Marois n'est pas démunie. Les Véronique Hivon, Bernard Drainville, Martine Ouellet, Stéphane Bédard ou Alexandre Cloutier ne sont que quelques exemples de députés qui pourraient devenir ministres si le Parti québécois prend le pouvoir. Mais le talent ne remplace jamais l'expérience.

C'est la raison qui a amené Sylvain Simard à offrir ses services de mentorat aux futurs élus. Ancien président du Conseil du trésor, M. Simard sait que les nouveaux ministres auront besoin d'aide.

Ceux qui doutaient encore du déclenchement des élections pour septembre ont vu leurs doutes dissipés cette semaine. Quand un ministre comme Norm MacMillan révèle qu'il se donne trois semaines pour décider s'il sera candidat ou non, c'est que le premier ministre lui a demandé une réponse. Les circonscriptions de l'Outaouais comme celle de MacMillan (Papineau), réélu avec 5000 voix de majorité en 2008, sont des territoires favorables au Parti libéral du Québec. Si MacMillan part, Jean Charest n'aura aucune difficulté à lui trouver un remplaçant ministrable. Même chose pour le remplacement de Sylvain Simard dans Richelieu. La circonscription a toujours été péquiste depuis que Jean Charest est au pouvoir. C'est un autre cas où Pauline Marois pourrait être tentée de désigner le candidat de son choix, même si cela provoque la grogne des militants.

Certains ont vu dans le départ de Sylvain Simard, un signe de son désaccord avec la position du PQ sur le conflit étudiant. C'est vrai qu'il a refusé de porter le carré rouge. Son expérience au Trésor l'a convaincu du piètre état des finances publiques et des effets pervers des gels de tarifs. Mais ceux qui le connaissent savent qu'il était fatigué de faire la route entre Gatineau, Québec et sa circonscription de Richelieu sur la rive sud du Saint-Laurent. Il m'a déjà confié que s'il était son courtier d'assurance, il aurait annulé sa police tellement la fatigue était grande au volant deson véhicule.

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