Même si le maire Labeaume évitera de se mêler officiellement de la prochaine campagne électorale, les péquistes et les caquistes ne sont pas insensibles à la multiplication de ses séances de love-in avec Jean Charest. Mardi matin, les deux hommes étaient comme de vieux complices à l'inauguration officielle d'une nouvelle section de la promenade Samuel-De Champlain, dans le cadre enchanteur de la plage Jacques-Cartier, sur les rives du Saint-Laurent. Le décor était magnifique, et même la météo leur a offert un brin de soleil pour célébrer cette nouvelle manifestation de leur belle amitié.
Régis Labeaume n'aidera pas les libéraux officiellement, mais il ne leur nuira certainement pas. Ce n'est pas son hôtel de ville qui opposera des démentis aux déclarations comme celle du ministre Yves Bolduc, qui a soutenu mardi que le gouvernement «a livré toute la marchandise» promise aux dernières élections. C'est donc sans crainte que les ministres et députés libéraux de la région de Québec ont fait état hier du bilan de leur gouvernement dans la capitale nationale.
À une exception près, ce n'est pas contre le Parti québécois que les libéraux livreront bataille à Québec aux prochaines élections, mais à la Coalition avenir Québec. C'est ici que l'Action démocratique du Québec a obtenu les meilleurs scores dans le passé. C'est donc ici que les caquistes doivent maintenir leurs acquis s'ils veulent progresser ailleurs.
La région représente cependant un enjeu stratégique pour les libéraux qui y détiennent sept circonscriptions, dont deux sont représentées par des ministres, soit Yves Bolduc dans Jean-Talon et Sam Hamad dans Louis-Hébert. Tous les députés libéraux sortants seront candidats à nouveau, et un huitième pourrait s'ajouter à la liste. Le ministre Clément Gignac, un résidant de Québec élu dans Marguerite-Bourgeois à Montréal, évalue actuellement ses chances de se faire élire contre Éric Caire dans La Peltrie, Agnès Maltais dans Taschereau ou Gérard Deltell dans Chauveau. M. Caire n'a obtenu qu'une majorité de 436 voix aux dernières élections, alors que celle de Deltell était de 2605. La majorité de Mme Maltais était de 3923 votes, mais la nouvelle carte électorale l'amène dans une section de la ville généralement plus favorable aux libéraux. Il reste que Régis Labeaume a déjà indiqué qu'il donnera son soutien à Mme Maltais, qui l'a appuyé dans son projet d'amphithéâtre en déposant le controversé projet de loi 204. Par contre, M. Labeaume n'a pas d'atomes crochus avec Éric Caire.
Quelle peut être l'influence d'un maire comme celui de Québec dans une campagne électorale? Les caquistes font valoir que ce n'est pas tout le monde qui aime Régis Labeaume. Selon eux, si le maire a un souhait à l'approche des élections, c'est de voir tous les partis maintenir leurs acquis dans la capitale et la réélection d'un gouvernement libéral majoritaire. M. Labeaume n'aime pas les tergiversations. Or, Jean Charest n'a jamais tergiversé devant les demandes du maire. Pourquoi changer la recette si ça va bien pour sa ville?