Le confessionnal préélectoral

Gilbert Lavoie
Le Soleil

(Québec) L'annonce de la décision du ministre Yvon Vallières de quitter la politique à la fin de son mandat est un autre indice de l'imminence de la prochaine campagne électorale. À moins de deux mois du déclenchement prévu à la mi-août, Jean Charest a besoin de savoir qui sera de la partie. Les députés et les ministres sont donc en train de passer au confessionnal...

Élu pour la première fois en 1973, M. Vallières n'a connu qu'une seule défaite, en 1976, pour être réélu sans arrêt depuis 1981. Il n'avait pas le goût de reprendre le bâton du pèlerin dans sa circonscription (Richmond) qui a été considérablement modifiée par la nouvelle carte électorale. Son exemple pourrait être suivi par d'autres, dans des circonscriptions beaucoup plus sûres pour les libéraux. Outre celle de Line Beauchamp (Bourassa-Sauvé) et de Vincent Auclair (Vimont), qui ont déjà annoncé leur départ, M. Charest devra probablement remplacer Michelle Courchesne dans Fabre. Il devra peut-être bouger du côté de Vaudreuil où l'ancien ministre Yvon Marcoux, âgé de 71 ans, pourrait céder sa place à quelqu'un d'autre. Même interrogation dans Saint-François, où la ministre Monique Gagnon-Tremblay, âgée de 72 ans, a déclaré depuis longtemps qu'elle en était à son dernier mandat. On s'interroge aussi sur les intentions du ministre Pierre Arcand, élu dans Mont-Royal, qui semblait apprécier beaucoup les Relations internationales mais qui a été muté à l'Environnement. Indépendant de fortune, M. Arcand n'a pas besoin de la politique pour gagner sa vie.

Bref, les prochaines semaines feront sans doute l'objet d'annonces similaires à celle de M. Vallières. Jean Charest aura donc de la place pour amener ses candidats vedettes, s'il en a... Il y a fort à parier, cependant, que les plus connus attendront la confirmation du déclenchement des élections avant de se manifester. Qui sait? S'il fallait que Jean Charest n'ait pas, à la mi-août, les «chiffres» nécessaires pour plonger...

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Parlant de chiffres, c'est un constat bizarre que celui du sondage de Léger-Marketing, publié samedi dans Le Devoir: 55% des Québécois veulent des élections le plus tôt possible, c'est-à-dire à la mi-septembre, avant la commission Charbonneau. Est-ce à dire que ces Québécois, qui ont tellement réclamé une commission d'enquête publique sur la construction et le financement des partis politiques, veulent aller aux urnes avant de savoir?

Il n'y a que deux explications possibles à cette question:

- Les gens sont tellement épuisés du conflit étudiant qu'ils ne voient pas d'autre avenue que des élections pour y mettre fin. Si c'est le cas, ils répondent au désir de Jean Charest qui estime que la controverse sur les droits de scolarité doit se régler en campagne électorale, et qui veut en faire un enjeu majeur.

- Autre explication: les Québécois ont déjà leur opinion sur le gouvernement et les scandales dans la construction. Ils sont prêts à rendre leur verdict et à punir les libéraux. Si c'est le cas, ils répondent au désir de Pauline Marois.

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Que fait Jean Charest au Brésil pendant une semaine, alors que tous ses efforts devraient être déployés ici même, à l'approche de l'échéance électorale? Des libéraux se posent la question... Le fait est que M. Charest aime bien les évènements internationaux et que ça le repose de s'éloigner de la petite politique québécoise. À son retour, il accueillera le Forum mondial de la langue française à Québec, un évènement dont il peut réclamer la paternité. Ensuite, ce sera les vacances. Ceux à qui il manquera peuvent toujours regarder sa publicité électorale sur le site du Parti libéral.

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