C'est peut-être exact. Si la sottise se vendait au mètre, nul doute que le Québec constituerait un producteur de calibre mondial.
Mais le gouvernement Charest a montré la voie. Comme disent les Turcs: «Le poisson pourrit par la tête.»
Un exemple? Pendant trois ans, le gouvernement s'est opposé à une enquête publique sur l'industrie de la construction, sous prétexte que les enquêtes policières étaient plus efficaces pour combattre la corruption. Les ministres parlaient de «superescouade». À les entendre, nous allions faire mieux que New York. Même Batman allait être jaloux. Bla-bla-bla.
Or, que nous apprennent les audiences de la commission Charbonneau?
Au moment où le gouvernement se pétait les bretelles, au printemps 2010, les enquêteurs de l'Unité anticollusion (UAC) du ministère des Transports n'avaient pas de bureau et pas d'ordinateur! Pour interroger leurs témoins, ils présentaient leur badge de policier retraité!
Plus crédible, tu pourchasses un grizzly avec une asperge trop cuite. Ou tu cherches un chat noir, dans une salle sans fenêtre et sans lumière, muni d'une lampe de poche dont on a oublié les piles.
Selon l'ancien dirigeant de l'UAC, Jacques Duchesneau, il a fallu des menaces de démission pour que les choses s'améliorent. Un peu. Car le gouvernement semblait comprendre qu'il se retrouverait forcément dans le rôle de la borne-fontaine. Et que l'UAC allait jouer celui du chien...
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D'accord. Le naufrage du gouvernement Charest n'excuse pas tous les comportements. Mais au moins, les têtes brûlées qui menacent de mort le chroniqueur Richard Martineau ou le leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois peuvent se retrouver devant les tribunaux.
En revanche, d'ici les élections, rien n'empêchera le gouvernement de tenter de profiter d'une crise étudiante qu'il a choisi de laisser pourrir. Comme le fou essaie de s'accrocher au pinceau, après qu'on ait enlevé l'échelle...
Un jour, c'est la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, qui associe le carré rouge du conteur Fred Pellerin «à la violence», avec toute la dignité de Godzilla s'en prenant à Bambi.
Un autre jour, des ministres se précipitent pour condamner une affiche anarchiste qui date de... 2010. Vrai que le pastiche du peintre Eugène Delacroix, retrouvé chez le député Amir Khadir, n'est pas d'un goût exquis.
Mais s'il fallait censurer le mauvais goût, que resterait-il de notre ministre de la Santé, Yves Bolduc, je vous le demande? Le même M. Bolduc, qui craint que l'affiche contienne des images «subliminales», comme un gars qui a trop écouté Led Zeppelin à l'envers. Complètement affolé, le pauvre semble aussi croire que la simple possession d'une telle affiche fait de vous une menace...
Fiou. Si celui-là devient premier ministre, planquez vos vieilles cassettes d'Albator. On ne sait jamais.
À peine plus mesuré, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, accuse Québec solidaire d'être anarchiste. Il lui importe peu que les auteurs de l'affiche considèrent Amir Khadir comme un «bourgeois».
Pas grave. M. Fournier parle d'abord, quitte à faire semblant de réfléchir par la suite, si c'est absolument nécessaire. Pétri de certitude, il ressemble à l'astronaute qui veut conquérir le Soleil. Dès qu'on lui explique que la température est trop élevée, il réplique: «Pas grave, j'irai durant la nuit!»
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«Il était une fois une institutrice qui demandait à ses élèves la profession de leurs parents.
- Que fait ton père, Murielle?
- Ingénieur, répond la petite.
- Que fait ta mère Kevin?
- Médecin, explique Kevin.
- Et toi, Toto, où travaille ton père?
- Mon père danse nu dans les bars, répond le garçon. Il vend aussi de la drogue. Quand ça ne rapporte pas assez, il tabasse des vieilles dames, pour leur voler de l'argent.
Embarrassée, l'institutrice demande aux enfants de quitter la classe. Elle demande à Toto de rester.
- Toto, dis-moi que ce n'est pas vrai, pour ton père...
Le petit respire profondément.
- D'accord. Si vous promettez de ne le répéter à personne, je vais dire la vérité. Mon père travaille pour le Parti libéral!»