Si la tendance se maintient, la police procédera cette nuit à la 15 000e arrestation de la crise. Pour souligner cette contribution majeure à la liberté académique, le ministre de l'Éducation, Gilbert Rozon, frappera un grand coup. Il remettra des menottes commémoratives en or au policier ayant réalisé l'exploit.
En conférence de presse, hier, le ministre répétait le slogan qui a permis au gouvernement libéral d'être réélu en 2013 et en 2018. «On dit que nous ne savons pas où nous allons. C'est peut-être vrai. Mais qui sait si le hasard ne nous fera pas aboutir au bon endroit?»
«La décision de se cramponner à la hausse des droits de scolarité est géniale, a poursuivi l'ex-président de Juste pour rire. Elle se compare à une méthode révolutionnaire pour dévisser une ampoule. Vous tenez l'ampoule fermement, et vous attendez patiemment que le monde finisse par tourner sur lui-même...»
Des nouvelles de la capitale, maintenant.
À Québec, le maire Régis Labeaume entend rénover la démocratie, qu'il juge inefficace.
On se souviendra que M. Labeaume avait réduit la taille du conseil municipal en 2009 et en 2013. Désormais, il propose que les citoyens se contentent de trois conseillers.
«Trois, c'est juste ce qu'il faut, a-t-il commenté. Un pour aller chercher le café, un autre pour porter la valise lors des voyages et un troisième pour opiner du bonnet d'un air songé, dès que je dis quelque chose.
«Certains m'accusent de tricher, s'est emporté le maire. Pourquoi je ferais ça, puisque j'ai toutes les cartes dans mon jeu?»
Du côté de l'Assemblée nationale, le rapport final de la commission Charbonneau sur l'industrie de la construction et sur le financement politique occulte sera dévoilé demain. Avec plusieurs années de retard.
Interrogé par le chef de l'opposition, Léo Bureau-Blouin, le premier ministre Jean Charest a prédit que son gouvernement en ressortira blanc comme neige.
«Chaque fois que j'ai croisé un témoin important, il m'a dit la même chose : "J'ai tout vu. Mais rassurez-vous, je ne vous ai pas reconnu."»
Plus tard, M. Charest a répondu à un journaliste qui demandait : «Combien existe-t-il de blagues à propos du Parti libéral»?
«Il en existe seulement deux, a expliqué le premier ministre. Toutes les autres sont vraies. Plusieurs réussissent même à se faire réélire.»
À Ottawa, le gouvernement Harper ne retirera pas le droit de grève à tous les salariés qui relèvent des lois fédérales. Réflexion faite, les serruriers des armoires à balais du parlement et les trappeurs de rat musqué du parc de la Gatineau conserveront ce droit. Sauf qu'ils ne pourront l'exercer que durant les années bissextiles, pendant les mois peu propices à la récolte des huîtres et lors des nuits où la Lune se trouve en phase décroissante.
Le gouvernement songerait à faire preuve de la même créativité pour l'assurance emploi. Faut-il exclure les pêcheurs d'esturgeon qui n'écoutent pas de country? Ou calculer les prestations en multipliant le taux chômage régional par le pourcentage de votes obtenus par le Parti conservateur?
Allez savoir. Le secret de la réélection, c'est le maintien d'une saine distance entre ceux qui vous haïssent et ceux qui sont encore indécis...
Retour à Québec, en terminant, où le maire Labeaume rêve encore à la Ligue nationale. Après les Coyotes, les Panthers et les Blue Jackets, il veut tenter d'attirer les Sabres de Buffalo.
Dans la foulée de «J'ai ma place» et de «J'ai ma pelle», le maire lance «J'ai mon bison»! Durant tout le mois de septembre, il invite la population à se déguiser en bison, à l'image du logo des Sabres. «La LNH doit comprendre que nous sommes prêts à faire n'importe quoi pour obtenir une équipe», a-t-il précisé.
Malgré tout, le maire se défend de vendre la peau du bison avant de l'avoir tué.
«- Les gens intelligents sont constamment assaillis par le doute, a-t-il philosophé. Seuls les imbéciles sont toujours sûrs d'eux-mêmes.
- Vous en êtes certain? lui a-t-on demandé.
- Absolument certain! a-t-il répondu.»