Certains d'entre eux comme Jim Flaherty, Jason Kenney ou John Baird jouent vraiment un rôle majeur dans la gestion des affaires publiques.
D'autres comme Maxime Bernier, Bal Gosal ou Gail Shea inaugurent les chrysanthèmes, selon l'expression consacrée. Ils servent soit de traducteurs bien payés, soit de potiches destinées à attirer des segments particuliers d'électeurs.
Une troisième catégorie de ministres, par contre, nuisent vraiment par leur incompétence ou leur façon de diriger leur ministère, et ce, au-delà de toute considération politique.
Sept d'entre eux, à mon avis, mériteraient de se voir montrer la porte de leur ministère et un huitième, Christian Paradis, a perdu tout contrôle sur son avenir.
La commissaire à l'éthique, Mary Dawson, l'a déjà blâmé pour son attitude envers l'ancien député Rahim Jaffer. Mais il n'a violé aucune loi et promis d'en tirer les bonnes leçons.
Mme Dawson étudie cependant deux autres plaintes contre M. Paradis, l'une concernant sa partie de pêche chez Marcel Aubut et l'autre, son intervention dans le transfert du bureau de l'assurance emploi de Rimouski à Thetford Mines.
Que M. Paradis perde ces causes, et il devra purger un purgatoire certain sur les banquettes arrière.
Voici mon choix de ministres à déplacer d'urgence ou à tout simplement congédier:
Peter MacKay. Le ministre de la Défense nationale a perdu tout contrôle sur son ministère. Le dossier du F-35, où il a camouflé les coûts réels du projet, confirme sa capitulation devant notre petit complexe militaro-industriel. Comme nous ignorons ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas sur les Forces armées, aussi bien passer au suivant.
Julian Fantino: associé au précédent et responsable des achats, il n'a maintenant plus rien à faire. Le dossier du F-35 a été transféré à un secrétariat interministériel sous la coupe de Rona Ambrose, et M. Fantino se contente de rebrasser ses vieilles fiches en attendant les questions de l'opposition.
John Duncan: il n'y a pas de dossier plus critique que celui des Affaires autochtones. M. Duncan n'en saisit visiblement pas toute la portée et se retrouve constamment à la remorque des événements. Le milieu politique s'interroge sur son état de santé et, dans son cas, un repos s'impose.
Peter Kent: d'accord, le poste de ministre de l'Environnement sous un gouvernement Harper n'est pas de tout repos. Mais M. Kent a l'art de jeter de l'huile sur le feu, accusant ses adversaires de tous les mots, lançant des attaques personnelles à la volée, mais sans jamais répondre aux questions les plus banales.
Tony Clement: sous les apparences d'un bon gars, le président du Conseil du Trésor a élaboré une stratégie bien huilée pour camoufler l'ampleur réelle des coupes budgétaires en utilisant toutes les ficelles administratives. La vérité sort toujours, et ce jour venu, son attitude aura éclaboussé tout le gouvernement.
Vic Toews: le ministre de la Sécurité publique se comporte comme le shérif du village, traitant ses rivaux de pédophiles un jour, d'amis des criminels le lendemain. Son projet de surveillance d'Internet dépassait les bornes et a pris le chemin des oubliettes. M. Toews devrait bientôt l'y rejoindre.
Bev Oda: la ministre du Développement international a perdu tout bon sens en louant une limousine à 1000$ par jour, à Londres, pour une course entre deux hôtels qui coûte 12 $ au commun des mortels. Prise la main dans le sac, elle a remboursé. Mais trop tard.