Avec ou sans les Coyotes

François Bourque
Le Soleil

(Québec) La victoire des Coyotes de Phoenix conte Chicago en première ronde des séries prolonge le suspense sur l'avenir de l'équipe en Arizona.

Assez pour refroidir l'ardeur des amateurs de Québec qui rêvaient d'un déménagement rapide tôt ce printemps.

«Les succès des Coyotes sur la glace n'influenceront pas les négociations entourant la vente de l'équipe», a prévenu cette semaine le commissaire adjoint de la Ligue nationale, Bill Daly.

Peut-être pas. Mais ce succès a des répercussions sur l'intérêt pour l'équipe et sur les assistances.

Plus de 17 000 spectateurs en moyenne contre Chicago, 5000 de plus que l'assistance officielle en saison; probablement davantage quand on sait que les chiffres de saison étaient gonflés.

Trois conseillers municipaux ont tenu cette semaine à aller se faire photographier au Jobbing.com Arena avec le capitaine Shane Doan.

Le succès sur la glace, s'il se prolonge, pourrait avoir un effet sur la «marque» Coyotes,

jusque--là perçue comme une entreprise perdante.

Assez pour stimuler des investisseurs et raviver la confiance dans un contexte où le secteur immobilier de Phoenix montre les premiers signes de reprise?

Assez pour conforter la Ligue nationale de hockey (LNH), qui a toujours voulu et veut toujours garder l'équipe à Phoenix? Allez savoir.

Depuis quelques mois, les autorités municipales de Glendale ont envoyé des signaux souvent contradictoires: lassitude, espoir, irritation, confiance, résignation, compromis.

Les succès sur glace ne changent rien à une autre réalité: présenter du hockey dans une lointaine banlieue du désert restera, quoi qu'il advienne, un défi.

Pendant ce temps, le projet de nouvel amphithéâtre pour garder les Kings (NBA) à Sacramento a du plomb dans l'aile.

L'entente ville-proprio, dévoilée avec éclat au début mars, ne tient déjà plus. La famille Maloof, propriétaire des Kings, veut la renégocier.

Cette entente avait refroidi les espoirs de Seattle d'attirer à court terme une équipe de la NBA et de construire un aréna pouvant accueillir aussi une équipe de la LNH.

Le débat à Sacramento ramène-t-il Seattle dans le portrait des candidates à la NBA et à la LNH?

La suite? La suite, personne ne la connaît encore. À défaut, voici l'état des lieux à Glendale.

Le budget municipal 2012 à Glendale

Glendale cherche à combler un déficit appréhendé de 35 millions$ sur un budget de 185 millions$ pour la prochaine année (1er juillet 2012).

C'est dans ce contexte qu'il faut placer le débat sur une aide financière aux Coyotes.

Cette semaine, une majorité d'élus se sont montrés favorables à hausser la taxe vente (+ 0,7%), la taxe sur propriété secondaire (+ 54 ¢/100$ d'évaluation), ainsi que les tarifications pour les piscines, les bibliothèques, les programmes récréatifs, etc.

Les élus sont prêts aussi à réduire le nombre d'employés municipaux, à réduire des allocations de dépenses et des budgets discrétionnaires des élus.

Un prochain vote est prévu le 22 mai, et le vote final d'adoption du budget a lieu le 12 juin.

L'aide financière de la Ville aux Coyotes

Glendale contribue depuis deux ans à atténuer les déficits d'exploitation de l'équipe:

» elle a payé 25 millions$ à la LNH en avril 2011;

» un autre 25 millions$ seront dus après le dernier match des Coyotes ce printemps. Une somme de 20 millions$ a été placée en fiducie pour cette facture, mais la Ville ignore toujours où elle prendra les autres 5 millions$.

» Glendale a demandé à la LNH de réduire la facture; la demande est pendante devant la LNH.

Pour la suite, Glendale envisage de soutenir l'équipe en versant des frais de gestion pour l'aréna, ce qu'elle n'avait jamais fait jusqu'à maintenant:

» Des fonctionnaires ont évalué les coûts de gestion à 14 millions$ par an.

» Quatre élus seraient favorables à payer jusqu'à 17 millions$.

» La mairesse ne veut pas dépasser 11 millions$.

» Au moins un conseiller ne veut rien payer du tout.

Les répercussions financières d'un départ des Coyotes

» Glendale continuera quoi qu'il advienne à rembourser la dette de 262 millions$ pour la construction du Jobbing.com Arena.

» Si les Coyotes partent, Glendale perdra des revenus de droits de nommer et des revenus de taxe de vente à l'aréna et dans les commerces voisins du Westgate Center.

Ces revenus sont évalués à 15,7 millions$ par an avec les Coyotes et à 6,5 millions$ sans les Coyotes, un écart d'environ 9 millions$ par année. Ces évaluations font l'objet de débats.

» La mairesse Elaine Scruggs évoque la possibilité de vendre l'aréna au futur propriétaire des Coyotes, ce qui allégerait la dette municipale.

Contexte politique de fin de régime

Les principaux acteurs locaux impliqués dans le débat politique sur l'avenir des Coyotes à Glendale sont en fin de parcours.

» La mairesse Elaine Scruggs, qui avait contribué à attirer les Coyotes à Glendale et à les garder, n'est pas candidate aux élections de novembre prochain.

» Le principal opposant à l'aide aux Coyotes au conseil municipal, Phil Lieberman, 83 ans, ne sera pas candidat non plus.

» Le maire suppléant Steve Frate a aussi annoncé son retrait.

» Le directeur général de la Ville, Ed Beasley, sur qui reposent toutes les négociations avec la LNH, a annoncé l'an dernier qu'il quittera ses fonctions en 2012, sans préciser la date.

La vente de l'équipe

» Même si la Ville de Glendale semble être prête à continuer à soutenir l'équipe financièrement, cela ne règle rien encore pour ce qui est de l'achat de l'équipe.

» Un seul groupe semble désormais en lice pour l'achat des Coyotes, celui de Greg Jamison, l'ancien pdg des Sharks de San Jose.

» Dans une rare entrevue à un journal local, M. Jamison a affirmé cette semaine avoir rassemblé d'autres investisseurs, mais qu'il n'avait pas encore tout l'argent nécessaire.

» M. Jamison dit croire que le processus d'achat pourrait prendre encore quelques mois.

Contestation juridique

» Le groupe d'influence Goldwater Institute, qui a fait dérailler une précédente tentative de vente des Coyotes sous la menace de poursuites judiciaires, suit de près la Ville de Glendale.

» Les lois de l'Arizona interdisent à une administration publique de faire des «cadeaux» à un privé.

» L'institut examinera le montage financier des Coyotes et de l'aréna et pourrait la contester s'il estime que Glendale contrevient à la loi.

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