Ce sondage n'aura donc aucune incidence sur le conflit opposant le gouvernement aux étudiants sur les droits de scolarité. Mais la façon dont cette crise se réglera aura une incidence sur les prochains sondages.
Dans ce contexte, peu importe la teneur de l'entente que le gouvernement espère conclure avec les associations étudiantes, cette entente devra engager tout le monde pour les années à venir et non pas seulement pour l'automne 2012. Il serait trop facile, pour les étudiants, de conclure un accord pour réclamer ensuite l'annulation des droits de scolarité promise par Pauline Marois si elle prend le pouvoir.
En s'engageant à annuler la première hausse de 325 $ qui doit entrer en vigueur à la rentrée de septembre, le Parti québécois a promis de convoquer ensuite tous les partenaires de l'éducation à une «grande messe» pour discuter du financement de l'éducation. Cette promesse perd tout son sens si les associations étudiantes en viennent à une entente durable et sérieuse avec le gouvernement.
À moins de revenir au gel intégral, ce qui serait tout à fait irresponsable, un gouvernement péquiste devrait à son tour négocier une hausse de la contribution des étudiants au financement de l'éducation. Or il n'est pas assuré que les étudiants accepteraient de telles majorations à la sortie d'un sommet.
Compte tenu de cette incertitude, on ne doit pas courir le risque de voir le prochain gouvernement, quel qu'il soit, nous plonger dans un autre mouvement de grèves dans les cégeps et les universités. Les dommages collatéraux de la grève actuelle sont déjà trop grands.
De plus, le Québec n'a pas les moyens de «pelleter» par en avant, encore une fois, la résolution du financement de l'enseignement supérieur. Ce sont les nombreuses années de gels qui nous ont menés à la crise actuelle. Le principe du dégel doit être maintenu, même s'il y a place à un compromis sur ses modalités. De toute manière, le prochain gouvernement, s'il devait être péquiste, n'aura pas besoin d'un nouveau débat sur le sujet.
Pauline Marois a déjà promis d'annuler la hausse de 200 $ de la taxe santé et de combler le manque à gagner de 950 millions $ par le biais d'une hausse d'impôt des mieux nantis. À moins de reporter à beaucoup plus tard le retour au déficit zéro, elle n'aurait pas les moyens de revenir au gel intégral des droits universitaires.
Le gouvernement et les associations étudiantes ont attendu à minuit moins une avant d'entamer des négociations. Les deux parties n'ont maintenant plus le choix. Du côté gouvernemental, les libéraux doivent trouver un terrain d'entente avant la tenue, les 4 et 5 mai, de leur congrès national à Montréal. Du côté des étudiants, l'annulation possible de la session de dizaines de milliers de jeunes commande des compromis.
Quand les deux parties à un conflit sont confrontées à de véritables échéances, elles parviennent généralement à s'entendre. C'est le cas actuellement. C'est donc une entente «durable» sur laquelle il faut travailler, et non pas simplement un compromis de quelques mois en attendant le résultat des prochaines élections.