«Les choses bougent parfois lentement»

Antoine Vermette, Shane Doan et Ray Whitney en... (Photo AFP)

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Antoine Vermette, Shane Doan et Ray Whitney en pleine action durant le match qui opposait hier les Coyotes de Phoenix aux Ducks d'Anaheim. Les Coyotes disputaient l'avant-dernier match de leur saison à domicile. Le doute plane toujours sur le maintien de l'équipe à Glendale, en Arizona, et peu d'informations filtrent. La Ville de Glendale a versé l'an dernier 25 millions $ pour soutenir les Coyotes, et un second paiement est dû en mai, à moins que l'équipe soit vendue.

Photo AFP

 

François Bourque, envoyé spécial
Le Soleil

(Glendale, Arizona) Allais-je assister à la veillée funèbre des Coyotes de Phoenix? À l'un des derniers matchs de l'histoire de l'équipe?

 

 

C'était hier l'avant-dernier match de la saison à domicile, et les Coyotes ont pris les choses en main. Victoire de 4-0 contre les Ducks d'Anaheim. Une sérieuse option sur une place en séries. Ensuite?

Ensuite, on ne sait pas. Mais comme c'est comme ça chaque année depuis trois printemps, les partisans semblent avoir cessé de s'en faire.

Je m'attendais à un aréna plein à craquer et à des moments d'émotion, qui sait, de nostalgie. Je n'ai rien vu qui puisse y ressembler. Une foule familiale sereine, bruyante et alerte, mais très loin de la salle comble.

C'était jour de «reconnaissance» hier au Jobing.com Arena.

L'événement de fin d'année où l'équipe honore ses meilleurs joueurs de la saison et offre des cadeaux aux partisans.

Un programme et une boîte à lunch à l'entrée, des chandails et des prix de présence tirés en cours de match.

Pas la moindre allusion à l'incertitude sur l'avenir de l'équipe. Même lorsque le président de l'équipe, Mike Nealy, au côté du sénateur John McCain, a pris le micro, pas un mot autre que pour remercier les partisans et les héros militaires du pays.

J'ai parlé à des dizaines de fans avant le match. Des détenteurs d'abonnement saisonnier avec leur chandail des Coyotes, des occasionnels, des visiteurs de passage à Phoenix, des recrues pour qui c'était la première fois au hockey.

Je les ai tous abordés de la même façon. «Je suis journaliste de quelque part dont vous ne voulez probablement pas entendre parler par les temps qui courent.»

Je m'attendais au pire. Il n'en fut rien.

Sentiment partagé sur la suite des choses.

«On ne s'en va nulle part», assure un abonné de longue date, attablé avec sa femme devant une monstrueuse assiette de nachos.

Il est convaincu que Greg Jamison, l'ancien de San Jose, va acheter l'équipe et l'aréna et que l'équipe va rester.

«Ne dit-on pas la même chose depuis l'été dernier, je lui demande.

- Il faut être des États-Unis pour savoir combien les choses bougent parfois lentement.

- Je viens du Canada et je le sais aussi.

Un père avec son fils d'une dizaine d'années. Billets donnés par son patron détenteur de loges.

- Ils ne les voulaient pas?

- Il est ici lui aussi.

Son second match en huit ans. Son dernier?

- Peut-être.»

Il n'a pas suivi le débat et semble plutôt indifférent.

«They are done», lance un gars d'Edmonton de passage à Phoenix. «Pas assez de soutien des partisans.»

«Je serais heureux que Québec obtienne une équipe», croit un partisan des Coyotes né à Toledo, en Ohio. «J'espère juste que ce ne sera pas la nôtre.»

«J'ai peur que ce soit ma dernière fois», s'attriste une partisane dont la famille a un abonnement saisonnier.

Le Booster Club des Coyotes, qui comptait quelques centaines de membres, s'est fait hara-kiri il y a quelques mois, et son ex-présidente n'a jamais donné suite à mes appels. Elle avait nié tout lien avec l'avenir de l'équipe. Invoquait plutôt son manque de disponibilité.

Restait le Kids Club. J'ai vu que le jeune homme qui s'occupait de la table hier soir n'était pas très occupé. Il a refusé de me dire combien de membres dans le club, mais reconnaît que ce n'est pas facile d'intéresser des jeunes dans le climat d'incertitude actuelle.

À la boutique de souvenirs dans le hall de l'aréna, les fans se bousculent avant le match. Quarante pour cent de solde sur toute la marchandise. Rien à voir avec l'avenir de l'équipe.

C'est comme ça chaque fin de saison, explique un employé. Il ne se sent ni triste ni nostalgique. «À quoi bon? Je ne contrôle pas ce qui se passe.»

C'est comme à la loterie d'hier soir, explique-t-il. Six cent quarante millions de dollars étaient à l'enjeu. «J'aurais aimé gagner. Just to bad

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