NPD: un nouveau chef, et après?

Raymond Giroux
Le Soleil

(Ottawa) Il faut maintenant s'y faire, le Nouveau Parti démocratique (NPD) n'est plus le tiers parti qu'il a été depuis sa fondation, en 1961.

Pour la première fois de son histoire, le porte-étendard de la gauche canadienne prétend sérieusement au pouvoir.

Jack Layton a fait campagne sur ce thème, avant le 2 mai dernier, et son message a traversé le Québec de part en part. Hors Québec, par contre, le parti a légèrement amélioré son sort, mais sans plus. La vague orange s'est arrêtée sur les rives de la rivière des Outaouais.

Dès dimanche matin, à son réveil, le nouveau chef du parti devra s'atteler à une triple tâche: conserver l'appui des Québécois, conquérir le reste du Canada et sauvegarder l'unité du parti.

La surprise du Québec

Le 2 mai, les Québécois ont voté pour Jack Layton d'abord et avant tout en croyant que son parti pouvait aspirer au pouvoir.

Mais le décès du chef a changé la donne. Malgré ce que soutiennent les Brian Topp et Ed Broadbent, cette réussite hors de l'ordinaire dépasse les seules décisions des gestionnaires du quartier général du NPD.

Le charisme de M. Layton et ses performances télévisées lui ont donné une crédibilité qui a déteint sur tout le parti.

Maintenant orphelin, il a perdu entre le quart et le tiers de ses appuis ces derniers mois. Ces électeurs sont soit retournés au Bloc, soit passés aux libéraux de Bob Rae.

Le sondage CROP de jeudi ne laisse aucun doute : seul le nom de M. Mulcair résonne dans les coeurs des Québécois. Que le parti élise un autre chef que lui, et il se retrouve dans la dèche électorale.

À la conquête du Canada

Paul Dewar se présente comme le chef qui pourra arracher au Canada anglais les 70 circonscriptions qui manquent au NPD pour prendre le pouvoir. Plus lucide, Peggy Nash s'en donne 85.

Le problème de ces deux candidats comme celui de Brian Topp est qu'ils représentent l'aile traditionnelle du parti, celle qui croit que le succès de l'an dernier découle d'une sorte de création collective de ses apparatchiks.

Pour eux, il suffit de continuer l'oeuvre entreprise ces dernières années, et le succès viendra de lui-même. Thomas Mulcair, par contre, en appelle au changement car selon lui la réussite québécoise découle de l'ouverture aux électeurs des autres partis.

La partielle de Toronto-Danforth, lundi, conforte l'aile orthodoxe car même sans M. Layton, le parti y a engrangé presque 60% des votes. Le coeur torontois du parti voit là une incitation à poursuivre le travail, pas à changer de direction.

Pour sauvegarder l'unité du parti

Le NPD doit choisir entre la conservation de sa pureté idéologique de gauche ou le rapprochement avec les électeurs moins radicaux mais néanmoins anticonservateurs.

Un tel choix peut diviser profondément le parti, lui qui en juin dernier a refusé de réviser le préambule de sa constitution formulée en des termes d'une autre époque.

Dans l'immédiat, le prochain chef devra recoller les pots cassés, une tâche rendue difficile par les récentes attaques de M. Broadbent contre M. Mulcair.

Ce dernier, s'il devient chef, pourra mal tolérer la présence de Brian Topp comme président national du NPD. La confiance absolue doit régner, à ce niveau. Si les militants traditionnels ont l'impression de perdre leur parti aux mains d'opportunistes, ils auront la tentation de rester chez eux.

À l'inverse, si les partisans de MM. Mulcair, Cullen et Singh, tous réformateurs à des degrés divers, se butent au mur de l'orthodoxie, dites non merci aux succès électoraux.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer