«Elle n'était pas contente», a admis hier Ségolène Roederer, la directrice de Québec Cinéma, qui était assise à côté de Mme St-Pierre. «Son argument, a ajouté Mme Roederer, c'est que si le gouvernement flanche sur les droits de scolarité, il devra faire des coupes dans la culture...»
Comme toujours, il y a une petite histoire derrière cet appui du monde du cinéma aux étudiants. Une bonne partie des galeries du Théâtre Saint-Denis, d'où était diffusé le gala, avait été «paquetée» par les étudiants, m'a-t-on appris hier. Ce qui explique en partie la forte réaction de la salle chaque fois que les artistes sur la scène faisaient état de la grève contre les droits de scolarité. Ce sont également les étudiants qui ont distribué les petits macarons rouges aux vedettes à leur arrivée dans la salle.
C'était la première fois que la soirée des Jutra ouvrait ses portes au grand public. Les étudiants, comme tout le monde, ont donc pu mettre la main sur des billets à 20 $ qui leur ont donné accès aux galeries du théâtre. Mais plus encore, certains d'entre eux ont eu des billets gratuits, gracieuseté d'une firme chargée de remplir les galeries de spectateurs afin de fournir de meilleures images aux caméras de Radio-Canada. Combien d'étudiants étaient sur les lieux? Combien ont reçu des billets gratuits? Et surtout, qui dans l'organisation avait autorisé un tel coup médiatique des étudiants? La directrice de Québec Cinéma a admis hier que son organisme avait été prévenu de l'initiative des étudiants. Mais personne n'a été en mesure de me dire combien de billets gratuits avaient été distribués aux étudiants.
Il a été impossible, hier, de parler à la ministre St-Pierre, qui était en route pour le Texas. Sa porte-parole, Chantal Gagnon, a déclaré que tout le monde à droit à ses opinions. Et quant au numéro du comédien Emmanuel Bilodeau, qui a enlevé son veston pour dévoiler une chemise couverte de petits écussons rouges, Mme Gagnon a déclaré que «Emmanuel Bilodeau, on sait d'où il vient...»
Le service des relations publiques de Radio-Canada, qui était partenaire de la soirée des Jutra, ne m'a pas rappelé.
Du manger mou pour les inspecteurs
Les meilleures mesures ne sont pas toujours les plus coûteuses. La ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, a annoncé hier que les Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) n'auraient plus de préavis de 24 heures avant les visites des inspecteurs du gouvernement. Plus encore : ces mêmes inspecteurs devront prendre leurs repas dans les cafétérias des établissements visités. Ça, c'est une mesure efficace! Ce qui m'a stupéfié hier, en écoutant la ministre, c'est d'apprendre que jusqu'à maintenant, les inspecteurs prenaient leurs repas dans la résidence visitée, mais dans une autre salle que la cafétéria. Vous imaginez un peu que la direction des CHSLD, prévenue de leur visite 24 heures à l'avance, ne leur servait pas de manger mou...