Le gun sur la tempe, Sacramento se résigne à payer 256 millions $ sur 397 millions $ pour construire un nouvel aréna.
Elle financera sa part par des revenus de stationnement au centre-ville et par la vente de terrains. Le reste viendra du propriétaire de l'équipe et du gestionnaire de l'aréna, le géant du divertissement AEG.
L'entente assure le maintien des Kings à Sacramento pour les 30 prochaines années.
Les partisans d'un retour des Nordiques y trouveront une nouvelle rassurante : Seattle n'obtiendra pas à court terme une équipe de la NBA, condition préalable à la construction d'un aréna pouvant accueillir aussi la LNH.
Seattle reste une concurrente sérieuse pour Québec à cause de sa taille, de son fuseau horaire et de la richesse de ses grandes entreprises.
Chaque fois qu'on évoque la construction d'un nouvel aréna, j'ai la même question : l'effort public se compare-t-il à celui du projet de Québec?
Question d'autant plus intéressante que Sacramento a une population comparable à la nôtre (environ 500 000), même si l'agglomération y est plus populeuse.
Les coûts de construction se ressemblent (environ 400 millions $) ainsi que la capacité de l'aréna projeté (18 500 sièges).
Sacramento n'aura pas de décontamination à faire, mais il y a des coûts d'acquisition de terrain.
L'argument du maire de Sacramento, Kevin Johnson (un ancien joueur de la NBA), pour justifier l'investissement public est le même que celui du maire de Québec : impossible d'envisager un aréna à dominante privée dans un petit marché avec une base corporative limitée. L'entente est «la meilleure que nous pouvions obtenir», a dit croire le directeur général de la Ville.
À 64 % de la facture, l'effort public de Sacramento est inférieur à celui du projet de Québec.
La part de la Ville et du gouvernement du Québec est de 87,5 %, mais sera réduite à 80 % s'il vient une équipe de la LNH. Des revenus de loyers et de taxes de billetterie viendront aussi réduire le fardeau de la Ville.
Québec a prévu une taxe fixe de 4 $ par billet; Sacramento, une taxe de 5 % de la valeur du billet.
Dans les deux cas, il y a une formule de partage des profits. À Québec, c'est 15 % s'il n'y a pas d'équipe de la LNH et 10 % s'il y en a une.
À Sacramento, c'est 15 % des premiers 10 millions $ de profits, 30 % des 5 millions $ suivants et la moitié de tout profit additionnel.
Les partisans de Sacramento sont invités à faire leur part en payant pour faire inscrire leur nom sur les briques de l'amphithéâtre. L'opération doit rapporter 3 millions $. C'est beaucoup moins que les 15 millions $ et plus rassemblés par J'ai ma place.
Comme ce fut le cas l'an dernier à Québec, l'entente de principe entre le maire et le privé a été finalisée discrètement pendant la fin de semaine.
Le document préliminaire fait lui aussi une quinzaine de pages et devra être ratifié par le conseil municipal.
Le copropriétaire de l'équipe a rappelé hier qu'il ne s'agit pas encore d'une entente finale et qu'il «reste des choses à négocier».
Outre les contrats de financement, le conseil municipal de Sacramento devra éventuellement voter sur les évaluations environnementales et sur les modalités liées au stationnement.
Conclusion. La démarche de Québec et le résultat se comparent grosso modo, à ce qu'on voit à Sacramento. À deux différences près.
J'ai facilement retrouvé dans Internet tous les détails du projet d'aréna de Sacramento, incluant le nombre de mètres carrés prévus pour chaque pièce, corridor et aire de service; les coûts ventilés de chaque constituante, des tableaux, des graphiques. Tout, pendant que Québec continue de cacher l'information.
L'effort public de Sacramento l'assure de garder son équipe; Québec n'est sûre de rien.