La vraie victoire de Lacoste

Pascal Lacoste, au lendemain de sa grève de... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Pascal Lacoste, au lendemain de sa grève de la faim

Le Soleil, Caroline Grégoire

(Québec) La victoire la plus évidente de l'ex-militaire Pascal Lacoste est d'avoir forcé le gouvernement fédéral à créer un comité consultatif sur la santé de ses anciens combattants. Mais son autre victoire est d'avoir sorti ses anciens collègues de leur isolement. À partir du moment où il n'était plus seul devant le bureau du ministre Steven Blaney, Pascal Lacoste a retrouvé la solidarité du groupe, un élément essentiel dans toutes les batailles.

Le pire ennemi des anciens combattants n'est pas le gouvernement. C'est l'isolement dans lequel ils se retrouvent lorsqu'ils sont forcés de quitter les Forces armées, en raison de blessures physiologiques ou psychologiques. La pension et les compensations financières qu'on leur accorde ne pourront jamais remplacer l'esprit de corps qui les animait et leur permettait de se dépasser au sein des Forces.

Ma plus grande découverte, lors de mes recherches en vue de la publication de Blessures de guerre, l'an dernier, a été de constater cette solitude des anciens combattants poussés à la retraite à cause de blessures physiques ou psychologiques. On leur a enlevé leur milieu de travail, leurs camarades et leur raison d'être dans la société. Certains d'entre eux pensent trouver la sérénité en retournant dans leur région d'origine, pour constater qu'ils y sont encore plus isolés. Leurs parents et amis ne sont pas en mesure de comprendre le stress post-traumatique qui se manifeste par l'insomnie, la colère, la violence, l'alcoolisme et même la toxicomanie. Parce qu'ils sont isolés, leurs appels à l'aide sont souvent ignorés. Désabusés et amers, certains d'entre eux ne veulent plus entendre parler des services à leur disposition.

C'est cet isolement que Pascal Lacoste a combattu en allant porter sa cause devant les bureaux du ministre des Anciens Combattants. L'attention que lui ont porté les médias et l'appui de ses anciens camarades sont les seuls gages que le gouvernement donnera une suite sérieuse à ses demandes. C'est un dossier qu'il faudra suivre de près.

Simultanément, il faudra apporter une attention particulière à tous nos militaires dont la mission en Afghanistan se termine, mais qui reviennent au pays avec leur lot de blessures de guerre. À L'Ancienne-Lorette, la clinique de traitement des traumatismes liés au stress opérationnel (TSO) du CHUQ commence à peine à recevoir les blessés d'Afghanistan. Des jeunes dans la force de l'âge, des athlètes, qui sont revenus avec une jambe ou un bras en moins, parfois défigurés par des mines artisanales. La blessure physique est évidente. Le traumatisme psychologique ne l'est pas, mais il est tout aussi grave.

En ce jour du Souvenir, notre devoir est de ne pas abandonner ces anciens combattants dans une solitude qui peut les mener jusqu'au suicide.

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