Les analyses de fin de course prévoient une lutte serrée entre la favorite, PyeongChang (Corée du Sud) et Munich (Allemagne), tout juste derrière.
La troisième finaliste, Annecy (France), est pointée un peu plus loin, mais avec le CIO, on ne peut présumer de rien.
Le vote a lieu mercredi à Durban, en Afrique du Sud.
La Ville de Québec a choisi d'attendre ce résultat avant de décider si elle sera candidate pour 2022.
Depuis une visite enthousiaste à Vancouver à l'hiver 2010, l'intérêt du maire Labeaume pour les Olympiques n'a cessé de décliner.
Assez qu'on a cru qu'il annoncerait dès ce printemps l'abandon du projet. Il se sera finalement laissé convaincre de repousser la décision, avec l'argument que le choix de 2018 pourrait avoir un impact sur les chances de Québec pour 2022. Si c'est PyeongChang, on oublie ça, les Jeux suivants iront assurément en Europe.
Si c'est Munich (ou Annecy), la porte resterait par contre entrouverte pour l'Amérique du Nord. Comme elle sera ouverte aussi pour l'Asie.
La réalité est que peu importe la ville et le continent choisis pour 2018, 2022 est un scénario improbable pour Québec, pour ne pas dire impossible.
Le Canada a déjà été chanceux d'obtenir les Jeux de Vancouver (2010) si vite après Calgary (1988). Espérer revoir les Jeux dans un délai deux fois plus court tient de l'utopie.
Il faudrait que l'intérêt pour les Olympiques disparaisse tout à coup partout ailleurs sur la planète, ce qui n'est pas la tendance qu'on observe.
Le site indépendant Gamesbids.com est un des plus complets et des plus lucides sur les candidatures olympiques. Il se refuse à prédire le résultat de demain, mais offre un «indice» ou modèle qui aide à évaluer les forces selon une centaine de critères : impact environnemental, présence d'équipements sportifs, localisation, etc. L'indice est affiné après chaque sélection pour tenir compte des résultats.
La plus récente évaluation est datée du 29 juin. Elle donne à PyeongChang 66,17 points, à Munich 65,83 et à Annecy 54,86.
Cela ne prouve rien. Les dernières villes gagnantes n'étaient pas toujours en tête du classement à la fin de la course. Mais elles avaient en commun d'être dans le peloton de tête et d'être en montée à la veille du vote.
C'est exactement le cas de Munich, toujours deuxième, mais qui profite d'un «momentum» à l'approche du vote.
La question ne porte pas tant sur les chances de Québec de gagner 2022. On connaît cette réponse : des chances à peu près nulles. Québec pourrait cependant vouloir être candidate pour d'autres raisons que de gagner 2022.
Une candidature pourrait faire gagner en visibilité et en proximité avec les grandes organisations et les décideurs de sport; augmenter les chances d'attirer de grands événements; engranger des crédits pour une candidature future.
Une ville en mode Olympiques aurait des arguments supplémentaires pour faire financer des équipements sportifs ou de grandes infrastructures (tramway, routes, aéroport, etc.).
Ce ne sont que des hypothèses aux résultats incertains, mais elles en valent certainement bien d'autres.
Il y a par ailleurs des risques. Une candidature perdue d'avance serait perçue comme un gaspillage d'énergie et de fonds publics.
Québec pourrait y perdre son «momentum» post-2008; replonger dans le défaitisme, provoquer des déchirements locaux.
Les esprits étant occupés ailleurs, on ne sent pas à Québec d'engouement olympique. C'est probablement ce qui fera la différence. Cette tiédeur.
À moins que le gouvernement Charest promette mer et monde à la ville pour qu'elle soit candidate dès 2022, j'ai l'impression que le projet olympique sera reporté à plus tard. Peu importe le résultat de demain.