Olympiques : le maire pas plus branché qu'au premier jour

François Bourque, envoyé spécial
Le Soleil

Le maire Labeaume avait souvent raconté l'histoire, mais je ne l'avais encore jamais entendue devant un public international.

L'histoire de sa fille qui a quitté Québec, il y a cinq ans, parce qu'elle trouvait la ville trop boring pour elle. Une ville parfaite pour finir ses jours, a-t-il expliqué à une centaine de délégués du City Forum de SportAccord, avant d'en rajouter : l'exode des jeunes, la deuxième ville la plus vieille au pays, les compagnies obligées de ralentir leurs activités à cause de la difficulté à trouver de la main-d'oeuvre.

Le maire venait de mettre la table pour son plan de match politique : faire de Québec la ville la plus attrayante au pays; y mettre plus de «fun» et d'excitation, dit-il.

Il a décrit sa recette : mettre de l'argent public dans la culture et le sport, en faisant le pari que le privé va suivre. Ne pas investir seulement une année, mais pour cinq.

Est-ce que ça marche? lui a demandé l'animateur.

Si vous espérez à court terme un retour clair sur l'investissement, c'est non. Surtout que l'argent des touristes ne rapporte rien à la ville.

Ce qu'on cherche, c'est le «branding» à long terme, la nouvelle image de la ville, a-t-il décrit.

Deux indices que c'est en train de marcher : les bonnes performances touristiques de Québec et... la réélection du maire.

Et les Olympiques?

Le maire n'est pas plus branché qu'au premier jour.

«Les gens ne viennent pas me dire : c'est une mauvaise idée. Mais ils se questionnent avec toi.»

Il n'y a personne qui possède la vérité et il y a trop de données qui ne sont pas objectives. Trop d'humains qui votent, a-t-il constaté.

Ce n'est pas le risque de perdre qui l'effraie. C'est le risque de saboter la confiance et le succès de l'après-2008. De jouer avec les émotions et l'énergie.

«Moi, je travaille en psychologie collective», explique-t-il. Il n'a pas envie d'orchestrer des moments de grande déception comme ceux de 2002 et de 2010. Pour un politicien dont une partie de l'aura vient du succès de 2008, c'est en effet un grand risque.

Il préfère mettre son énergie à des projets sur lesquels il a plus de «poignées». Sur la mobilité durable entre autres. «Un méchant contrat; on est parti pour 10 ans. On a beaucoup d'ouvrage.»

J'ai compris que le maire a probablement aussi d'autres indicateurs :

«Est-ce que les gens de Québec seraient d'accord [avec une candidature]? Faites un référendum, je suis pas certain.»

Tiens donc; le maire qui se met à parler de lui-même de référendum.

J'ai fini par croiser Gian Franco Kasper, le bourreau de la candidature de Québec. Celui qui a démoli à la fois la montagne et la candeur de Québec pour 2022.

M. Kasper ne s'est pas formalisé des critiques et des commentaires négatifs qui ont résonné jusqu'à lui. Si c'est le cas, il ne l'a pas montré.

Je l'ai trouvé plutôt sympathique. Philosophe, un peu provocateur, pince-sans-rire.

«Si le CIO veut abolir la descente des Jeux olympiques, on va l'abolir», lance-t-il avec défi.

Abolir la descente?

Voyant mon étonnement, il insiste : «C'est une possibilité théorique.»

Mais il sait n'avoir rien à craindre. Ça n'arrivera jamais.

Il est de ceux qui croient que la descente masculine est encore l'épreuve «reine des Jeux»; je pense qu'il a ajouté la «moitié».

Comptez sur lui que les critères de la descente ne bougeront pas tant qu'il présidera la Fédération internationale de ski (FIS).Cela dit, M. Kasper n'est pas un ennemi de Québec. Il rencontre le maire Labeaume cet après-midi et discutera volontiers d'autres événements ou championnats de ski pouvant être organisés à Québec.

Le maire sait qu'il a besoin de M. Kasper et n'a pas l'intention de le gronder. Je parie même qu'ils vont très bien s'entendre entre gens qui parlent direct et cru.

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • François Bourque, envoyé spécial | Voir plus large que l'éléphant

    Chroniqueurs

    Voir plus large que l'éléphant

    Il faut se méfier des apparences. L'éléphant qui nous semble blanc ne l'est pas toujours. Il arrive que ce ne soit pas un éléphant. Disons un tigre.... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer