Quand le chat n'est pas là...

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(Québec) La politique, c'est un peu comme la guerre : il y a des coups permis, et il y a des comportements interdits. Soit par les conventions internationales ou encore par ce qu'on attend des êtres humains dits civilisés.

La ligne entre ce qui est acceptable et inacceptable est parfois ténue, mais elle est réelle. Gilles Taillon a franchi cette ligne vendredi en accusant Éric Caire d'avoir été un «tricheur» sur son curriculum vitae. Il l'a franchie à nouveau hier : à 10h38, en plein milieu de la conférence de presse organisée par Caire pour s'expliquer, il a publié un communiqué de presse alléguant que Caire n'a même pas réussi les cours universitaires auxquels il fait allusion dans son CV.

La magie du Blackberry a fait que Caire a reçu cette accusation en pleine figure à 10h43, de la bouche du journaliste Martin Ouellet de La Presse Canadienne. Caire a paniqué et a refusé de dire si oui ou non il avait réussi ses cours.

Taillon devait être fier de son coup : il avait saboté la conférence de presse de son adversaire. Mais la contre-attaque qui a suivi a été dévastatrice. Spontanée et émotive, elle est venue de François Benjamin, l'ancien député de Berthier. Benjamin n'est pas une «grande gueule». Mais c'est le genre de gars qui parle avec passion lorsqu'il se fâche, et il était scandalisé du comportement de Gilles Taillon.

Taillon, un homme d'équipe? «Mon bureau était en face du sien pendant 18 mois et il ne m'a jamais adressé la parole. Sa porte était toujours fermée.»

Gilles Taillon, un homme de consensus? «Il a décidé de l'abolition des cégeps tout seul, sans jamais en parler au caucus ou consulter François Desrochers, notre critique à l'éducation.»

Gilles Taillon, un homme de courage? «Caire s'est fait élire. Taillon a choisi le suicide politique en allant se présenter dans une circonscription où il n'avait aucune chance de gagner.»

Gilles Taillon, un grand stratège? «On nous demandait de ne rien dire. Taillon était de ceux-là. Il a été le numéro deux de l'échec. Qu'il s'assume.» Le cri du coeur de Benjamin a été convaincant. Jamais, depuis que Mario Dumont est parti, a-t-on vu un ancien député dénoncer aussi ouvertement le rôle de Taillon dans la déconfiture de l'ADQ. C'est son image de rassembleur et d'homme d'équipe qui a écopé. Quelque chose me dit que l'ancien député de Chauveau a commis une erreur grave en poignardant Caire.

... les souris dansent

Mais qui fait la discipline à l'ADQ? Où se trouvent les patrons quand la maison brûle? En Israël! La moitié du caucus, dont la chef intérimaire, Sylvie Roy, accompagnée de Gérard Deltell et de François Bonnardel, était en délégation au Moyen-Orient la semaine dernière.

Pauline Marois n'avait autorisé que deux députés péquistes à participer à cette mission parlementaire. Les libéraux en avaient quatre. Quel intérêt soudain ont les adéquistes pour les relations israélo-palestiniennes? Admettez que c'est un peu gênant...

Et le CV

Alors c'est vrai, Éric Caire n'a pas de diplôme universitaire. Et c'est vrai qu'il a embelli son CV. Ils font souvent ça, les députés, lorsqu'ils n'ont pas de formation universitaire. J'ai regardé hier le CV de «l'Honorable André Boisclair» dans le Guide parlementaire de 2002. «Fit ses études au Coll. Jean-de-Brébeuf et à l'Université de Montréal.» Ça donne l'impression qu'il a un bac, mais il n'en a pas. C'est pour ça qu'il est allé se chercher un diplôme à Harvard avant de revenir à la direction du PQ en 2005.

Nos politiciens parlent beaucoup du décrochage, mais ils sont gênés de se regarder dans le miroir lorsque ça les concerne directement. Caire est un bon exemple de décrocheur. Courte carrière militaire, constable sur les chantiers de la MIL-

Davie pendant trois ans, petit commerçant en 1994, retour aux études en informatique en 1997 et diplôme de

programmeur-analyste; consultant dans le privé et dans les ministères; prof d'informatique à temps partiel au Collège Garneau. Marié et père de quatre enfants.

C'est ça la vie pour beaucoup de monde. Je n'encourage pas le décrochage, mais ce n'est peut-être pas mauvais qu'il y ait des décrocheurs parmi nos élus. On n'est pas tous nés dans la ouate. Peut-être que ça peut contribuer à mieux comprendre ce qui amène nos jeunes à quitter l'école avant le cégep ou l'université.

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