Même s'ils n'ont pas fait beaucoup de bruit dans les médias en juillet, la plupart des candidats ont fait des tournées et devront accélérer le rythme d'ici la mi-août. Aucun des quatre n'a fait son dépôt officiel hier, puisqu'ils n'ont pas terminé leur visite des régions et n'ont donc pas encore recueilli toutes les signatures nécessaires.
Le dépôt officiel des candidatures et de la liste d'appuis ne presse pas encore, mais le premier candidat à le faire donnera tout de même l'impression d'avoir une meilleure organisation que les autres. Depuis le début, Gilles Taillon a la réputation d'avoir une longueur d'avance sur ses adversaires. Mais les journalistes ont été en mesure de constater que Christian Lévesque, à qui l'on accorde peu de chances de gagner, a bâti une organisation bien structurée. Ses détracteurs font valoir qu'il a des moyens financiers plus importants que les autres, mais peu importe : le jour du vote, fixé au 18 octobre, c'est celui qui aura vendu le plus de cartes de membre qui aura le plus de chances de l'emporter. Dans un tel contexte, la force de l'organisation prend toute son importance.
La discrétion qui a entouré les efforts des candidats en juillet se terminera rapidement après la date limite du 18 août pour le dépôt des candidatures. Dès le 23 août, les candidats auront un premier débat au congrès des jeunes adéquistes à Lévis. Le parti prévoit tenir ensuite des débats à Québec, à Montréal et à Trois-Rivières.
La succession de Mario Dumont n'a pas soulevé les passions jusqu'à maintenant. Les principaux candidats, Taillon, Caire et Lévesque, n'offrent pas de différences notoires dans leur approche respective de la politique. Mais si Jean-François Plante parvient à recueillir les 15 000 $ et les 1000 signatures exigées, la donne pourrait changer. Animateur de radio, Plante a été conseiller municipal sous Pierre Bourque à Montréal. Il s'était porté candidat dans Deux-Montagnes aux élections de 2007 mais Mario
Dumont a dû lui montrer la porte à cause de ses propos sur le bien-fondé de l'équité salariale et de ses dénonciations des politiques de discrimination positive envers les femmes. Il suffit d'ailleurs d'écouter son autobiographie sur son blogue pour constater que sa candidature ne serait pas dans le même ton que celle de ses adversaires. «La Révolution tranquille, ça s'arrête ici», tranche-t-il sans nuances.
Quant à Gilles Taillon, qui se présente comme le candidat de l'économie, il a publié hier un communiqué de presse pour annoncer qu'il est à rédiger la plate-forme qu'il entend présenter lors du lancement officiel de sa campagne.
Les adéquistes n'ont peut-être pas la cote dans les sondages d'opinion, mais le taux de lecture sur Internet des textes publiés à leur sujet est très élevé. La course à la succession de Mario Dumont pourrait donc susciter plus d'intérêt qu'on ne le croyait au départ.