Pourtant, Mario Dumont et Pauline Marois ont bien essayé. Les deux ont été excellents. À 12 % dans les sondages d'opinion, M. Dumont aurait eu de bonnes raisons d'avoir l'air nerveux ou abattu. Pourtant, c'est lui qui a eu les meilleures lignes, tout particulièrement lorsqu'il a mis Jean Charest au défi d'expliquer au «comptable d'un petit dépanneur» comment il peut nier avoir fait des déficits, alors que la dette du Québec continue d'augmenter. Assis entre ses deux adversaires, le chef de l'ADQ avait parfois l'air d'un modérateur quand Pauline Marois et Jean Charest parlaient en même temps.Ceux et celles qui se demandaient si la présence d'une femme dans le débat changerait la dynamique des choses ont été rassurés. Dès sa déclaration d'ouverture, Pauline Marois s'est attaquée à Jean Charest.
Aucun quartier
Elle n'a fait aucun quartier tout au long du débat, allant même jusqu'à déclarer que les libéraux avaient mis les écoles «à feu et à sang». Elle s'est réfugiée trop souvent dans le fait que Jean Charest «s'essuie les pieds» sur l'héritage du Parti québécois, mais elle a tenu le coup.
Tel qu'on s'y attendait, le chef libéral a été la principale cible de ses adversaires. Mais contrairement à Stephen Harper qui a encaissé sans contre-attaquer, Jean Charest a riposté à tous les coups. Il a semblé plus vulnérable dans la portion portant sur les finances publiques et les problèmes de la Caisse de dépôt et placement.
Mais de façon générale, il a bloqué les tirs et est parvenu à passer ses messages.
Il n'y a pas eu de surprises dans cette rencontre. On n'a rien appris de nouveau.
Aucun des chefs n'a perdu le sourire ou la face. Mais le débat a été enlevant et a montré trois chefs en pleine possession de leurs moyens.
Juste à cet égard, il a permis aux électeurs intéressés - s'il en reste encore - de se faire une meilleure opinion. Pauline Marois, dont le sens de la répartie soulevait des doutes, a démontré qu'elle pouvait tenir tête à Jean Charest.
Mario Dumont a surpris par son air décontracté et a servi les meilleurs clips des trois sur les contradictions de ses adversaires. Jean Charest a répondu avec vigueur et parfois avec humour, sans tomber dans l'arrogance.
S'il fallait donner des points aux trois chefs, je dirais que Mme Marois et M. Dumont ont joui d'un avantage certain pendant la portion du débat sur les finances du Québec et la Caisse de dépôt et placement. Par contre, Jean Charest a été d'une grande efficacité pour passer ses messages sur les gains du Québec auprès du gouvernement fédéral pendant le débat sur l'avenir du Québec.
Bref, un match nul qui ne devrait pas changer le cours des choses si aucun autre événement ne vient s'ajouter à cette campagne électorale.
Les autobus des chefs reprennent la route ce matin.
Il leur reste moins de deux semaines pour consolider leurs acquis ou sauver les meubles.