Castro et ses ombres

Justin Trudeau y a été un peu fort dans sa réaction peu modeste devant la mort... (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Justin Trudeau y a été un peu fort dans sa réaction peu modeste devant la mort de Fidel Castro. Comme son père, il ne semble pas vouloir voir les côtes sombres du dictateur de Cuba.

Tortures, exécution d'opposants, interdiction de toute dissidence, non-respect de la liberté d'expression et de religion, voilà ce qu'étaient les droits de l'homme pour Castro. 

Certes personne ne niera la défaite par Castro de la colonisation américaine de l'île et les progrès remarquables en éducation et en santé pour la population. Pour le reste, cette trop longue et continue dictature fut un échec. Un antiaméricanisme primaire et une vision romantique de la révolution ont longtemps occulté la réalité. À l'occasion du décès de Castro, il ne faudrait pas encore se laisser manipuler par le «Líder Máximo»! Tout dictateur se croit hélas màximo (suprême)...

Michel Lebel, Montréal

***

Fidel Castro: le corps droit, les oreilles molles

Quand j'étais jeune au primaire et au secondaire, c'était presque un leitmotiv chez nos instituteurs et institutrices. Le corps droit pour démontrer notre volonté à obéir au doigt et à l'oeil, les oreilles molles en signe de soumission. C'était pour notre bien et celui de la communauté scolaire, c'est certain.

Fidel Castro avait compris le principe. Il a pris les grands moyens pour mettre son pays au pas et faire cesser chez lui la corruption et l'anarchie, dont sont presque toutes victimes les fameuses «républiques de bananes», comme on appelait les pays dans son genre, «victimes de leur propre turpitude», mais aussi fraudées et dévalisées par leurs faux amis des pays voisins.

L'histoire fera le bilan des entorses à la liberté, des emprisonnements et autres dérives autoritaires qui auront été le fort coût à payer. Elle notera au passage que Fidel Castro aura su éduquer son peuple et lui fournir au minimum un niveau de vie décent. Elle établira peut-être des comparaisons entre Cuba et Haïti et se demandera peut-être ce qu'il serait advenu si Haïti avait été elle aussi dirigée par une autorité politico-militaire du même genre.

J'imagine que Castro s'est dit qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs. Il restera peut-être dans l'histoire le seul et unique exemple du «bon dictateur», le seul qui a démontré qu'on pouvait envisager d'assembler ces mots ensemble dans la même phrase.

André Verville, Lévis

***

Marcher sur des oeufs

À la suite du décès du père de la Révolution cubaine et président de Cuba depuis plus de 30 ans, l'ensemble des leaders mondiaux marchent sur des oeufs en essayant de lui rendre hommage. Fidel Castro n'a laissé personne indifférent et représente le personnage révolutionnaire, libérateur, sauveur et modèle pour certains, mais désigné comme tyran sanguinaire par d'autres.

Le président sortant des États-Unis Barack Obama laisse l'histoire juger de l'impact réel laissé par le passage de Fidel Castro. Le nouveau président Donald Trump a toutefois été plus cinglant en spécifiant que c'est le décès d'un dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple.

En ce qui me concerne, certains éloges de la classe politique me laissent perplexe, sachant qu'il s'agit d'un homme qui a très vite oublié les aspects positifs de la révolution pour devenir un dictateur qui a opprimé la population et ruiné son pays. Plusieurs qui ont critiqué l'élection de Trump à la présidence des États-Unis font actuellement le contraire en favorisant l'éloge de Fidel Castro.

La déclaration du premier ministre du Canada Justin Trudeau selon lequel Fidel Castro fut un leader plus grand que nature est un peu embarrassante et très contraignante.

Jocelyn Boily, Québec

***

L'étoile qui scintille

Le «Lider Maximo» est parti rejoindre le Che au pays des révolutions. Cet homme plus grand que nature a changé ma vie et celle de millions de gens. Des larmes, qui témoignent d'une profonde tristesse, ont coulé comme rivière sur mon visage à l'annonce de sa mort. Son être était comme un rempart contre le capitalisme sauvage. Il éclairait notre quête de justice et d'équité pour l'ensemble des peuples de la terre. Ses discours-fleuve nourrissaient nos aspirations. Le 8 janvier 1959, cet homme et ses «barbudos» ont pris le pouvoir par la force. Que l'on soit d'accord ou pas avec sa façon de faire, il faut admettre qu'il fut le moteur d'un mouvement qui a contribué à un combat en faveur des pauvres contre les riches de ce monde.

Toi, Fidel, qui vit dans la montagne comme une étoile qui scintille dans le ciel, grâce à ton courage et à ta détermination tu resteras un modèle pour les générations à venir qui ont soif d'un monde meilleur.

Michel Houle, Québec

Partager

À lire aussi

  • Jean-Simon Gagné | <em>Nos amis les dictateurs</em>

    Jean-Simon Gagné

    Nos amis les dictateurs

    CHRONIQUE / Fidel Castro est mort. Avec lui disparaît le dernier dictateur qu'on pouvait aimer ou haïr pour des raisons idéologiques. Désormais, il... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer