Nous ne sommes pas des ignares, M. Couillard

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Notre premier ministre Philippe Couillard, après avoir pris connaissance du dernier sondage, dit que les gens ont une fausse perception de son parti par rapport à la corruption. Selon lui tout le monde se trompe!

J'ai des petites nouvelles pour lui. Les gens ne sont pas si ignares, M. Couillard. Ceux qui suivent la politique provinciale de près savent bien que lorsqu'un chien jappe fort, c'est parce qu'il a peur. Et ce n'est pas en rabaissant les autres chefs des autres partis que vous allez retrouver l'estime des autres, moi en premier! 

Quand on ne répond même pas aux questions lors des séances en chambre, c'est qu'on se sent peinturé dans le coin pas à peu près. Si vous n'avez rien à vous reprocher, répondez aux questions. Sinon, cessez votre arrogance. C'est pour cela et pour plusieurs raisons que les gens ne vous croient plus.

Madeleine Boucher, Québec

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Pour le maintien de la paix linguistique au Québec

Pendant une plénière du congrès de la Coalition avenir Québec (CAQ), la fin de semaine dernière, il est vraiment étonnant et décevant qu'un des participants ait été rabroué pour avoir demandé qu'une question, posée en anglais, soit formulée en français. Pourtant, depuis 1974, le français est «la» langue officielle du Québec. Sans traduction simultanée et puisque la gran­de majorité des personnes était francophone n'était-il pas normal que l'ensemble des participants puisse comprendre le sujet et la nature des questions posées et des réponses données?

Je crois et je milite pour que chaque citoyen ait le droit, en privé, de parler la langue de son choix. Je suis cependant convaincu que dans le cas d'assemblées publiques, notamment politiques, il est indispensable d'employer une langue commune et comprise par tous pour favoriser les débats démocratiques.

Partant du principe que tous les citoyens sont égaux et ont les mêmes droits, qu'en serait-il si chacun de nos concitoyens de provenance grecque, italienne, portugaise, vietnamienne ou autre s'exprimait dans sa langue d'origine lors de rassemblements politiques publics s'adressant à tous les citoyens? Poser la question, c'est y répondre.

André-Gilles Asselin, Québec

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Les empires meurent aussi: d'Alaric à Donald Trump

Peut-on prédire la fin d'un empire? Lorsqu'on lit des livres d'histoire, on peut a posteriori mettre le doigt sur tel évènement ou telles causes comme signes qu'un empire allait chuter. Mais on connaît la réponse de la fin! Cela aide... Mais quand on vit la fin d'un empire, peut-on être si sûr que tel événement est un indice certain de sa fin? Dans le cas de l'empire américain, le 8 novembre 2016 pourrait bien, quant à moi, être associé dans les livres d'histoire au 24 août 410 et au «sac» de Rome par Alaric.

Alaric n'était pas en soi un « barbare », son peuple (Wisigohts) ayant été fédéré à l'Empire romain. Il était même responsable de sa défense dans la partie orientale. Ce n'est que lorsque l'empereur lui refusa ce qu'il considérait être son dû qu'il alla le chercher lui-même en pillant Rome pendant trois jours. Il préserva les églises et ceux qui s'y étaient réfugiés, mais les archives impériales brûlèrent et privèrent l'humanité de 400 ans d'histoire romaine. Un geste d'une immense barbarie. L'histoire de l'empire romain, occidental à tout le moins, ne finit pas là. Mais ce «sac» envoya un message clair dans tout l'empire que la fin approchait, ce qui fut officiellement le cas un peu plus tard dans ce siècle.

Je suis intimement convaincu que le 8 novembre 2016 restera dans l'histoire comme le début du «sac» de Washington qui durera (au moins 4 ans). Les textes futurs sur cette histoire pourraient se lire à peu près ainsi :

«Dès l'élection de celui dont le monde entier avait vu la candidature comme une immense farce fut confirmée, la jadis puissante fédération des États-Unis perdit instantanément de son prestige. Les politiques du président Trump ne firent qu'aggraver le statut international de la fédération, ce qui accentua les profondes divisions au sein de cette fédération qui finit par s'effondrer.» 

Les historiens s'obstineront alors sur les causes, mais j'ai bon espoir qu'ils s'entendront sur cette date comme signal officiel du déclin, de la décadence de l'empire américain. 

Histoire fiction? Il n'y a pas si longtemps je ne pensais pas voir qu'un mot-clic comme calexit (California Exit) aurait pu être «tendance ». Cela peut paraître fantaisiste à certains aujourd'hui, mais je soupçonne que ce le sera moins dans quelques années. Après tout, les empires meurent eux aussi. 

Eric Alvarez, Québec

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No passeran, Trump ne passe pas

Losque le New York Time a parlé de Trump comme d'un fasciste, il s'est bien gardé d'évoquer l'histoire du Bataillon Abraham-Lincoln, mobilisant les premiers résistants américains à la montée du fascisme en Europe au XXe siècle, car cela aurait peut-être rappelé aussi la collaboration des grandes compagnies américaines avec le régime nazi. S'il y a un parallèle à faire avec l'histoire du XXe siècle, c'est bien plus celle de la résistance du peuple étasunien qui se manifeste encore dans les rues aux dérives de son gouvernement. Radio-Canada a rendu compte de toutes ces villes qui protègent et reçoivent des immigrants illégaux. Des administrations locales complètes, police municipale comprise, refusent de collaborer avec les «fédéraux» qui veulent expulser les immigrants. Toutes sortes de services, depuis l'école jusqu'aux cantines, leur sont offerts par les communautés locales. Soi dit en passant, c'est sous l'administration démocrate d'Obama qu'on en a le plus expulsé!

Cette capacité du peuple américain de résister en fait un peuple héroïque à bien des égards. Hier soir à Radio-Québec, on présentait le film Le train sifflera trois fois, un chef-d'oeuvre du cinéma étasunien. Ce classique du western se veut une leçon de courage et un hommage allégorique aux communistes américains qui ont tenu le coup durant la campagne du McCartisme à l'époque de la Guerre froide.

Un professeur d'anthropologie de l'UQAM m'a déjà dit un jour que le peuple américain avait toute sorte de ressources pour s'opposer aux abus de son État. Je ne l'oublierai jamais. Les habitants des États-Unis ne sont jamais complètement réconciliés avec leur État : de nombreux anarchistes, communistes, antimilitaristes, féministes radicales, militants noirs... ont participé à l'histoire des États-Unis. Et je pense que ça continue. Une trotskiste a été élue comme conseillère d'une ville, je ne sais laquelle, et elle fait campagne pour le 15 $ de salaire minimum. Les latinos, auxquels on reproche de ne pas être allés voter, ont organisé il y a quelques années, sans doute avec l'aide de bien des Américains, une grève générale d'une journée pour protester contre les conditions qui leur sont faites dans ce pays.

C'est pourquoi je dis que si la gauche américaine n'a pas résisté à la vague Trump, elle n'a pas dit son dernier mot. Les partisans de Sanders ne rentreront pas chez eux la tête entre les deux jambes. Ils continueront leur engagement de multiples manières. Et pas seulement dans les rues à se battre avec la police. Ils se mobiliseront contre les exactions de Trump ou contre n'importe quelle autre forme d'oppression subie aux États-Unis, le plus grand pays impérialiste du monde dont la population sait se lever quand les peuples autour d'eux en ont besoin : pensons à l'opposition à la guerre en Irak ou, plus loin encore, à la solidarité avec Cuba ou avec la révolution salvadorienne. Tout cela laisse des traces. Il y a une «Amérique qui vient», du titre d'un livre qui en fait le bilan, publié en France par un journaliste de l'Humanité aux éditions de l'Atelier (www.editionsatelier.com). Pour ceux qui seraient découragés de l'Amérique, c'est une lecture optimiste de ce que les jeunes Américains, et les moins jeunes, réservent à Trump et son gouvernement.

Guy Roy, Lévis

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