Des JO politiques

Quand se tiennent les Jeux olympiques, j'aimerais habiter un pays qui n'envoie... (AP, Pavel Golovkin)

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AP, Pavel Golovkin

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Quand se tiennent les Jeux olympiques, j'aimerais habiter un pays qui n'envoie aucun représentant y concourir et suivre l'action sur une chaîne télé qui n'a aucun parti pris.

Ainsi pourrais-je espérer en goûter la quintessence. Ici, au Québec, c'est désespérant de voir à la télé le temps consacré à parler des athlètes canadiens et à les montrer à l'oeuvre, qu'ils soient ou non parmi les meilleurs. Avec le résultat que des épreuves dans lesquelles aucun d'entre eux ne concourt sont chichement présentées, voire tout bonnement passées à la trappe. Des exceptions sont bien entendu faites pour les athlètes vedettes, parce que c'est vendeur. Je comprends pourquoi Radio-Canada tient tant à montrer les JO et paie si cher pour les obtenir : il n'y a rien de tel pour mousser l'unité nationale du pays. Qui osera encore dire que les JO ne sont pas politiques? J'en ai des haut-le-coeur.

Sylvio Le Blanc, Montréal

***

Le rêve de Coubertin

La flamme olympique va bientôt s'éteindre à Rio. Mais les problèmes demeurent. Quand le climat politique va-t-il s'assainir? La violence prendra-t-elle enfin le large? Et les habitants des favélas? Ils n'ont certes pas envie de danser la samba tous les jours. Puis, il y a ce gigantesque compte de carte de crédit à payer. Oui, le Brésil aura besoin de beaucoup de lait au chocolat pour récupérer. Et pour plusieurs de ces athlètes, couverts de gloire ou non, les gestes antisportifs seront présents dès leur retour à la maison. Je pense alors à ces pays où la guerre est un long marathon, où les droits de l'homme représentent une cible de tir au quotidien et où Noirs et Blancs ne font pas bon ménage comme dans un biscuit Oreo.

Toutefois, une médaille ne possède-t-elle pas deux côtés? Même si on oubliera la plupart de leurs noms en 9,81 secondes, soit la durée du 100 mètres, je persiste à croire que plusieurs de ces grands sportifs ont inspiré des milliers de jeunes à travers le monde. Bien sûr, il y a ces sommes d'argent colossales, qu'on accuse de tuer l'événement à petit feu. Mais le CIO ne pourrait-il pas imposer aux prochains organisateurs une sorte de plafond pour les dépenses liées aux Jeux? Ceux de 2016 nous ont donné l'espoir que, dans l'avenir, l'extravagant Big Mac pourrait céder le podium au simple hamburger avec viande, si possible sans hormones. Non, le rêve de Pierre de Coubertin ne doit pas être mis K.O.

Martine Lacroix, Montréal

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