Le zéro absolu de l'humanisme

Que le ministre François Blais affirme qu'il serait maladroit de réinvestir... (123RF/Jordan McCullough)

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Que le ministre François Blais affirme qu'il serait maladroit de réinvestir dans le soutien aux élèves en difficulté montre qu'il n'a pas compris les devoirs de sa charge et qu'il a une vision floue de ce que signifie être humain.

Le manque d'humanisme du ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, a dépassé le 2 octobre dernier toutes les bornes acceptables dans une société évoluée comme le Québec. Il a osé affirmer en point de presse qu'en raison du contexte budgétaire actuel, il serait «maladroit» de réinvestir dès maintenant dans le soutien aux élèves en difficulté. L'équilibre budgétaire doit, selon lui, avoir la priorité. Il a même avoué que la situation de ces jeunes avec des difficultés d'apprentissage devenait plus complexe et nécessiterait des sommes publiques supplémentaires. Or, les coupes en éducation affectent directement les services donnés à ceux dont les besoins devraient avoir la première place sur son agenda de ministre.

Mais que ferait le ministre s'il passait près d'une rivière où des enfants se débattaient pour leur survie? Les laisseraient-ils se noyer? C'est pourtant exactement ce qu'il fait en ignorant les besoins de ces jeunes qui se battent sur les bancs d'école pour une place dans la société. Les statistiques à leur sujet sont claires et connues depuis des décennies. Les jeunes qui passent au travers des mailles du filet deviennent des décrocheurs, s'intègrent mal à la société et forment le plus gros de la population carcérale. Chacun de ces jeunes qui ne sont pas pris en charge de manière adéquate par la société augmente le risque de violence et diminue la qualité du tissu social qui forme le Québec.

La présidente de l'Association québécoise des orthophonistes et audiologistes, Marie-Claude Rousseau, qui était présente au point de presse, affirme que les compressions ont supprimé cette année 250 postes de ces professionnels dans les écoles du Québec. Des centaines de cas d'enfants en difficulté dont personne ne s'occupe par manque de ressources sont déjà dénombrés. Si les parents en moyens peuvent se tourner vers le secteur privé pour obtenir les services d'orthophonie ou d'audiologie qu'ils n'obtiennent plus à l'école publique, les enfants pauvres s'en passeront.

Le manque de compassion du ministre envers les enfants vulnérables de la société est effarant. Cette diminution de services spécialisés aura pourtant des répercussions majeures sur l'économie du Québec. C'est là un drame monstrueux. L'argent qui n'est pas dépensé sur ces jeunes aujourd'hui le sera pour l'embauche de gardien de prison demain. Entre-temps, les souffrances que ces élèves délaissés par la société subiront engendreront des cycles de violences dans lesquels les citoyens ordinaires seront intégrés. L'argent que le ministre promet de réinvestir plus tard dans les services à ces jeunes sera d'ailleurs inutile pour chacun de ceux qui subissent actuellement l'effet de ces coupes. Ils seront sortis du système. En prononçant ces paroles le 2 octobre dernier, le ministre François Blais a touché les bas fonds du manque d'humanisme.

Michel Gourd, L'Ascension-de-Patapédia

***

Si nécessaire, un gouvernement fédéral de coalition

Lettre à Thomas Mulcair, chef du NPD, et à Justin Trudeau, chef du PLC

Messieurs,

Les prochaines élections fédérales sont fondamentales pour l'avenir du Canada. Pour cette raison, le parti du gouvernement conservateur ne doit pas être reporté au pouvoir. Les raisons qui justifient ce souhait sont nombreuses. Vous les connaissez mieux que quiconque.

Bien entendu, vous réalisez l'actuelle campagne électorale avec un plan dont l'objectif est de faire élire le plus grand nombre de députés de votre équipe afin de former le prochain gouvernement. Cette approche est la seule que vous pouvez afficher.

Comme l'éventualité de la formation d'un gouvernement conservateur minoritaire ne doit pas être ignorée, je crois qu'il est primordial de vous préparer, comme chef, à contrer cette situation. Il importe que vous conveniez ensemble de la mise en place d'un plan B : la formation d'un gouvernement de coalition. En plus d'avoir le but commun de défaire Stephen Harper, vous avez sûrement plusieurs objectifs de gouvernance du Canada qui peuvent vous rassembler. Il sera préférable que les Canadiennes et les Canadiens se retrouvent sous la direction de deux chefs qui sauront mettre en commun ce qui les unit plutôt que sous celle d'un gouvernement conservateur minoritaire. Tout en convenant que ce sera tout un défi, je reste persuadé que vous saurez vous concerter en pensant au mieux-être de la population canadienne.

Cet appel est d'autant plus légitime qu'un gouvernement conservateur minoritaire pourrait diriger avec une minorité des voix exprimées à travers le pays, soit moins de 35 %, alors qu'un gouvernement de coalition pourrait le faire avec une majorité, soit au moins 60 %. D'ailleurs ne serait-il pas plus logique qu'il en soit toujours ainsi, à défaut de pouvoir profiter de la proportionnelle?

Au-delà des considérations partisanes et du fait que votre plan est de tout mettre en oeuvre pour gagner la prochaine élection fédérale et de former le prochain gouvernement, je le répète : vous devez demander au gouverneur général, dans les jours suivant la prochaine élection, de former un gouvernement de coalition. Si cette façon de faire n'est pas applicable pour des raisons réglementaires, il vous sera possible d'y arriver en défaisant le gouvernement conservateur minoritaire à la première occasion et en adressant alors votre demande au gouverneur général.

Avec le rejet du parti conservateur par la majorité des Canadiennes et des Canadiens, vous avez l'obligation morale de leur répondre ainsi. Ils vous en seront d'autant plus redevables qu'ils ne peuvent pas se payer le luxe de voir le Canada gouverné à nouveau par les conservateurs de Stephen Harper.

Je vous prie de croire, Messieurs, à mes sentiments les meilleurs.

André Demers, Québec

***

Triste à pleurer!

Québécois, réveillons-nous! Stephen Harper est en train de nous hypnotiser avec la question du niqab. C'est un faux débat dans la campagne électorale, un leurre auquel nous mordons comme des poissons aveugles et affamés.

Le niqab et la burka sont des objets dérangeants dans notre société occidentale: c'est rétrograde. Mais ce n'est pas en se braquant de cette manière qu'on va régler la question.

En sourdine, le débat sur le niqab exploite la peur de l'étranger, ce qui fait l'affaire des conservateurs qui ne sont pas particulièrement ouverts à accueillir les migrants. Les villes et les provinces sont obligées de pousser sur les conservateurs pour qu'ils bougent. Pourtant, il y a actuellement une réelle crise humanitaire. Par le passé, nous avons déjà accueilli un grand nombre d'immigrants qui, dès la première ou la deuxième génération, sont devenus un apport important dans les divers milieux de notre société, que ce soit en sciences, en politique, en ingénierie, en santé ou dans d'autres domaines.

Ça crève les yeux: Stephen Harper utilise le niqab dans la présente campagne électorale comme l'arbre qui cache la forêt. Pendant que nous avons le nez rivé sur le niqab, nous ne voyons pas toute la détérioration que le premier ministre a provoquée pendant ses 10 ans au pouvoir en sciences, en environnement, en droits de la personne, en participation internationale, surtout avec l'ONU, et j'en passe.

Puisque le passé est garant de l'avenir, il faut regarder ailleurs que chez les conservateurs si nous voulons aller de l'avant et construire une société tournée vers le progrès.

Raymond Martel, Québec

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