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Vendredi matin, j'ai presque perdu le contrôle de ma voiture en conduisant... (123RF, Markus Gann)

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Le Soleil

Vendredi matin, j'ai presque perdu le contrôle de ma voiture en conduisant jusqu'à mon travail. Je n'en revenais pas! J'entendais l'animateur de l'émission du matin au FM93, Sylvain Bouchard, essayer de minimiser les gestes reprochés à Marcel Aubut.

Il y allait de tentatives de mesure d'intensité de crimes : il laissait sous-entendre que d'avoir un dossier criminel pour conduite en état d'ébriété était moins pire qu'un dossier d'agression sexuelle. Comment peut-il utiliser son micro pour véhiculer de telles inepties? Comment peut-on lui confier un micro? Quand un homme utilise son pouvoir ou sa notoriété pour «taponner» une femme et fait constamment des allusions sexuelles en sa présence, c'est agressant. C'est surtout inacceptable et intolérable. Tiens, j'ai soudainement le goût de dire comme M. Bouchard : «on jase là!» et de lui lancer la question : si c'était son amoureuse, sa soeur ou sa mère qui était victime de telles agressions, essayerait-il encore de trouver ce crime «moins pire»?

Lyne Beaumont, Québec

***

De plus grandes injustices

Si je comprends bien, les conservateurs sont tellement outrés par le niqab qu'ils veulent forcer les femmes à l'enlever. Même quand ils prétendent défendre les droits des femmes, leur défense a une saveur coercitive. Pourquoi les conservateurs sont si réticents à reconnaître le droit des femmes à faire leurs propres choix? Leur politique de l'aide internationale fait écho à cette attitude paternaliste.

Malgré l'engagement du Canada en matière de santé maternelle et infantile, les conservateurs ont coupé le financement pour améliorer la sécurité des avortements, et ont consacré seulement 4 % de l'aide internationale à la planification familiale - bien en deçà de l'objectif convenu de 10 %. Un quart des femmes d'Afrique subsaharienne n'ont toujours pas d'accès à la contraception si elles le veulent. Les femmes sans accès à la planification tombent enceintes très jeunes, ce qui augmente le risque de complications - et tombent enceintes à nouveau avant de récupérer totalement, ce qui augmente le risque de santé pour leurs enfants. Les avortements clandestins tuent 47 000 femmes par an. Qui est la plus grande injustice pour les femmes : le niqab, ou une grossesse forcée?

Martha McGinnis-Archibald, Victoria, Colombie-Britannique

***

Plus de femmes sans les imposer

Plus de femmes en politique? Oui. Les imposer? Non.

De prime abord, la proposition du Conseil du Statut de la Femme (CSF), portée par sa présidente, Julie Miville-Dechêne, d'imposer un quota de candidatures féminines (40 %) lors des élections peut sembler juste. De fait, il y a une sous-représentation des femmes en politique. Alors que celle-ci compte pour 50,3 % (selon Statistiques Canada) de la population québécoise, elles ne sont que 27,2 % de nos députés (41 députées pour 125 sièges).

Bref, imposer des quotas devrait augmenter la proportion de femmes dans la députation québécoise. Sur papier, l'idée est lumineuse. Dans les faits, elle l'est beaucoup moins. En effet, en l'état actuel des choses, les partis présentent des candidatures en cherchant des candidats qui sont minimalement compétents, même dans le cas des candidatures-poteaux. On cherche des profils qui cadrent avec la plateforme du parti, des gens qui sont capables de contribuer au parti, soit par leur travail à l'interne, soit par leur capacité à décrocher un comté.

Bref, on cherche des candidatures au mérite, règle générale. À priori, rien pour recaler des candidatures féminines. Alors pourquoi cet écart malgré tout? Parce que la politique est généralement vue comme un univers masculin, ce qui rebute bien des femmes et crée des idées préconçues auprès de plusieurs. 

Dans ce contexte, si on se devait d'imposer un quota, les électeurs (et adversaires) auraient la désagréable impression que la femme candidate qu'ils ont devant eux n'est pas là pour ses compétences, mais pour son sexe. Probablement que les partis chercheraient malgré tout à recruter des candidatures féminines de qualité, mais cette impression va rester : «on le sait, t'es là parce que t'es une femme». Dès lors, les candidates auront à fournir un effort supplémentaire face à leurs adversaires afin de démontrer qu'elles sont à la hauteur. Ainsi, au nom de l'égalité, on se trouvera à créer une inégalité flagrante, au détriment des femmes.

Plutôt qu'imposer des quotas, il vaudrait mieux s'attaquer à l'image masculine du pouvoir. Un exemple pourrait être des campagnes de sensibilisation mettant de l'avant des femmes politiques, actuelles et passées, d'ici et d'ailleurs. L'idée ici est que la problématique actuelle est à la base issue de perceptions erronées. Il faut s'attaquer à celles-ci. Un quota ne risque que d'amplifier le problème à sa base même, le rendant plus difficile à corriger.

Christian Picard, étudiant en science politique, Université Laval, Lévis

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