Plus de femmes sans les imposer

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La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne

Le Soleil, Erick Labbé

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Plus de femmes en politique? Oui. Les imposer? Non.

De prime abord, la proposition du Conseil du Statut de la Femme (CSF), portée par sa présidente, Julie Miville-Dechêne, d'imposer un quota de candidatures féminines (40%) lors des élections peut sembler juste. De fait, il y a une sous-représentation des femmes en politique. Alors que celle-ci compte pour 50,3% (selon Statistiques Canada) de la population québécoise, elles ne sont que 27,2% de nos députés (41 députées pour 125 sièges).

Bref, imposer des quotas devrait augmenter la proportion de femmes dans la députation québécoise. Sur papier, l'idée est lumineuse. Dans les faits, elle l'est beaucoup moins. En effet, en l'état actuel des choses, les partis présentent des candidatures en cherchant des candidats qui sont minimalement compétents, même dans le cas des candidatures-poteaux. On cherche des profils qui cadrent avec la plateforme du parti, des gens qui sont capables de contribuer au parti, soit par leur travail à l'interne, soit par leur capacité à décrocher un comté. Bref, on cherche des candidatures au mérite, règle générale. À priori, rien pour recaler des candidatures féminines. Alors pourquoi cet écart malgré tout? Parce que la politique est généralement vue comme un univers masculin, ce qui rebute bien des femmes et crée des idées préconçues auprès de plusieurs. 

Dans ce contexte, si on se devait d'imposer un quota, les électeurs (et adversaires) auraient la désagréable impression que la femme candidate qu'ils ont devant eux n'est pas là pour ses compétences, mais pour son sexe. Probablement que les partis chercheraient malgré tout à recruter des candidatures féminines de qualité, mais cette impression va rester : «on le sait, t'es là parce que t'es une femme». Dès lors, les candidates auront à fournir un effort supplémentaire face à leurs adversaires afin de démontrer qu'elles sont à la hauteur. Ainsi, au nom de l'égalité, on se trouvera à créer une inégalité flagrante, au détriment des femmes.

Plutôt qu'imposer des quotas, il vaudrait mieux s'attaquer à l'image masculine du pouvoir. Un exemple pourrait être des campagnes de sensibilisation mettant de l'avant des femmes politiques, actuelles et passées, d'ici et d'ailleurs. L'idée ici est que la problématique actuelle est à la base issue de perceptions erronées. Il faut s'attaquer à celles-ci. Un quota ne risque que d'amplifier le problème à sa base même, le rendant plus difficile à corriger.

Christian Picard

étudiant en science politique

Université Laval, Lévis

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