Le hockey et le travail d'enseignant

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Je veux vous faire une courte analogie entre notre sport national, le hockey, et le travail d'enseignant.

En début de carrière, un hockeyeur devra passer par un repêchage et souvent travailler fort dans les ligues mineures pour se tailler une place dans une équipe. De même, l'enseignant précaire vivra à répétitions des repêchages quelques jours avant la rentrée au mois d'août, forcé d'accepter de petits contrats souvent très exigeants!

De son côté, le joueur de hockey devra se tenir en très bonne condition physique pour exceller lors de ses présences sur la glace lors d'une partie de 60 minutes. Le professeur, lui, devra avoir préparé ses cours et conserver un bon niveau d'énergie pour performer durant ses trois périodes de 75 minutes par jour. 

De son côté, le hockeyeur jouera 82 matchs et s'entraînera fréquemment. Pour la plupart des joueurs, les vacances arriveront quelque part en mai et elles seront bienvenues. Le professeur, lui, sera devant ses élèves 180 jours et se préparera durant ses 20 journées pédagogiques et amorcera son congé fin juin. Dans les deux cas, les périodes de vacances sont essentielles pour se remettre physiquement et mentalement de la saison passée et arriver frais et dispos pour la prochaine. 

Le joueur de hockey vivra la pression d'être jugé durement par les gérants d'estrade. De son côté, le professeur devra vivre avec le jugement de la société, des parents et parfois même des élèves.

L'an dernier, après de houleuses négociations, P.K. Subban s'est entendu avec le Canadien, non sans difficultés, pour son nouveau contrat. Enfin reconnu à sa juste valeur, dans son domaine, il s'est vu offrir 9 millions $ par année. Les enseignants n'en demandent pas tant. Il y a quelques semaines, P.K. a été très généreux. Il a annoncé qu'il donnerait 10 millions sur sept ans. Je vous épargne les calculs, mais après le crédit d'impôt pour don de charité, ça revient à environ 12 % de son salaire chaque année.

Les enseignants sont déjà généreux! Le gouvernement du Québec reconnaît lui-même qu'ils font en moyenne chacun huit heures de bénévolat pour une semaine de travail de 32 heures. Ça équivaut donc à 25 % de leur salaire! Et je ne vois pas de crédit d'impôt à l'horizon ni de félicitations... Juste un dépôt patronal méprisant.

Il serait peut-être temps qu'on les reconnaisse à leur juste valeur. Et peut-être ainsi, à l'instar de P.K., pourront-ils continuer à être généreux de leur temps!

Dominic Martin, enseignant, Québec

***

Le pouvoir d'une femme sans visage

Il est troublant d'observer le pouvoir incroyable du niqab, par l'importance qu'on lui accorde, et qui pourrait réussir à faire basculer une campagne électorale dont les enjeux sont autrement plus cruciaux; ce débat sur le niqab, qui mériterait certes d'être discuté, mais dans une arène différente de celle d'une élection, est en train de nous détourner d'un objectif pourtant largement partagé au Québec, celui de défaire à tout prix ce gouvernement ultraconservateur. Il est à peine croyable que nous nous soyons prêts à reconduire les conservateurs pour une seule femme sans visage, mettant de côté des enjeux cruciaux. Il est évident que ce débat est bassement instrumentalisé par Harper et ses conseillers politiques d'ici et d'ailleurs, bien appuyé par le Bloc Québecois, lequel se prête à ces manipulations douteuses pour obtenir un pouvoir d'opposition qui ne servira à rien, mais qui pourrait permettre la réélection du pire gouvernement fédéral que nous ayons eu.

Ces manipulations de la démocratie me dégoûtent et me désespèrent, et j'espère que tous ces Québécois partagés entre le désir d'obliger une femme à montrer son visage dans le cadre d'une cérémonie protocolaire bien canadienne, et celui de bouter dehors un gouvernement qu'ils réprouvent, ne cèderont pas à un sentiment de colère viscérale, que je peux comprendre, mais dont les conséquences désastreuses se répercuteront sur nous tous pour de nombreuses années.

Je demeure profondément souverainiste, mais les enjeux de cette campagne diffèrent largement de mon désir profond de faire du Québec un pays; c'est d'ailleurs à Québec, et non à Ottawa, qu'il faut débattre de notre indépendance.

Hélène Dumais, Longueuil

***

Harper, dictateur!

En réaction aux plus récents sondages indiquant qu'une réélection des conservateurs est probable, le grand écologiste David Suzuki a déclaré : «Je suis choqué et terrifié. Je crois que les dix années de pouvoir de Stephen Harper ont amené le Canada très loin du pays où je suis revenu vivre après mes études aux États-Unis. Et après tout ce temps, nous savons exactement qui est Stephen Harper. Nous n'avons plus besoin d'entendre le moindre mot de sa part. Ce n'est pas un démocrate, parce qu'il n'appuie pas la démocratie. C'est un dictateur.»

Dans un pays normal, M. Suzuki ne devrait pas s'en faire outre mesure, car les derniers sondages montrent que les conservateurs seraient tout au plus minoritaires. Rien n'empêcherait donc les libéraux et les néodémocrates de créer une coalition qui renverserait rapidement les tories et dirigerait le pays tout au long du mandat normal de quatre ans. Mais, il les voit s'entredéchirer actuellement et il les sait sectaires. Le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique pourraient donc très bien laisser sévir le Parti conservateur, comme ce fut le cas de 2006 à 2011, alors que ce dernier était justement minoritaire. Pourquoi? Pour ne pas se compromettre avec «l'autre parti» et espérer prendre seul le pouvoir aux élections suivantes.

Le Canada est le seul pays que je connaisse dans lequel il est pour ainsi dire impossible de créer des coalitions. D'où cela vient-il, grand dieu? Si les libéraux de Justin et les néodémocrates de Tom veulent vraiment le bien du «plus meilleur pays au monde», ils doivent tout mettre en oeuvre au lendemain d'une victoire minoritaire des conservateurs de Stephen Harper pour renverser ceux-ci le plus vite possible. S'ils les laissent, au contraire, agir à leur guise, ils prouveront leur petitesse. Si le Bloc québécois se trouvait en position d'aider au renversement des conservateurs après le 19 octobre, il n'hésiterait quant à lui pas une seconde.

J'ai bien peur que M. Suzuki fasse une crise de coeur si les conservateurs de Harper représentent le Canada à la Conférence de Paris sur le climat, fin novembre. Sauvons-lui la vie!

Sylvio Le Blanc, Montréal

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