La mission des cégeps doit être défendue avec plus de rigueur

Guy Demers, auteur d'un rapport sur l'enseignement collégial... (Photothèque Le Nouvelliste)

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Guy Demers, auteur d'un rapport sur l'enseignement collégial

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Le Soleil

Dans une lettre ouverte au ministre de l'Éducation François Blais, publiée dans Le Soleil le 28 septembre, il est écrit que le rapport Demers serait «une menace pour la mission éducative des cégeps et la possibilité d'y maintenir une formation générale commune, consistante et cohérente». L'application du rapport Demers serait une «rupture inquiétante avec les objectifs et idéaux de la Révolution tranquille». Pourtant, une lecture sérieuse du fameux rapport ne permet pas de justifier ces affirmations alarmistes.

Le rapport Demers n'est pas brillant ni original. C'est, disons-le, une série de lieux communs sur l'enseignement collégial - y compris, et malgré les études sérieuses qui critiquent ces pratiques, les clichés habituels sur l'utilisation des technologies de l'information. Cela ne justifie pas, cependant, qu'on fasse dire au rapport des choses qu'il ne dit pas.

La lettre parle d'une destruction programmée de la culture, mais ne cite jamais correctement le rapport Demers pour justifier cette affirmation.

Les auteurs accusent Demers de vouloir parachever l'approche par compétence en morcelant et «granularisant» les savoirs. Ils prennent la peine de préciser que le mot «granularisant» est celui employé dans le rapport, mais ils ne disent pas que le mot est pris hors contexte. Dans le passage d'où il est tiré, il est question de reconnaissance des acquis pour les adultes qui font un retour aux études. La formation générale n'est pas vraiment concernée par cela.

Cette granularisation des savoirs servirait à satisfaire les «demandes et exigences des programmes d'études». Les guillemets sont dans la lettre, mais ce qui est cité ne se trouve pas dans le rapport Demers. On trouve dans le rapport 5 occurrences de «demandes» et 19 occurrences de «exigences», mais jamais les deux mots ne se retrouvent dans la même phrase.

Grâce à l'application du rapport Demers, tout ne sera pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, loin de là. Se soucier du marché pour élaborer un programme d'éducation n'est pas une mauvaise chose. S'y arrimer peut-être pas mauvais non plus, tant que ce n'est pas s'y soumettre. Il ne faut pas confondre arrimage et soumission. 

Il est très important que l'école ne forme pas seulement des travailleurs, mais aussi des personnes à part entière, des citoyens. Mais je ne suis pas certain que la formation générale commune, telle qu'elle est actuellement est la meilleure façon d'arriver à cet objectif. Il n'est pas du tout certain que des cours de littérature assurent une meilleure mobilité sociale. Pourquoi pas des cours de statistique? 

Une plus grande diversité de choix pourrait assurer davantage la vitalité de la culture générale que l'uniformité imposée par des ensembles communs de cours obligatoire. La lettre se réfère au rapport Parent, mais ce rapport affirmait qu'une formation humaniste implique de choisir des cours qui ne sont pas liés au futur emploi. Il n'est pas nécessaire que la formation générale soit constituée de cours commun pour que la formation soit humaniste. 

La formation générale au collégial est trop importante pour qu'on la laisse être défendue avec aussi peu de rigueur intellectuelle.

François Doyon, professeur de philosophie, Montréal

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