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Ne plus accepter l'inacceptable

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Une lectrice de Lévis relate sa récente expérience dans un hôpital de la région de Québec.

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Le 9 août 2015, je me trouve dans un hôpital du CHUQ de la région de Québec.

Premier fait. Dans l'ascenseur, j'entends et je vois des membres du personnel hospitalier qui informent une patiente que les services de chimiothérapie de l'hôpital seront fermés dans les 15 prochains jours et que les patients seront redirigés vers l'Hôtel-Dieu de Québec. Ils se désolent du fait que de nombreux patients devront faire le trajet en autobus malgré les inconvénients causés par la chimiothérapie. Quant à moi, je m'étonne de la pertinence de ce bouleversement étant donné que l'Hôtel-Dieu sera éventuellement fermé, tous les soins étant relocalisés à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus. Le personnel hospitalier me répond qu'on n'y peut rien; le Dr Barrette a décidé.

Deuxième fait. Je suis dans une chambre à deux lits attendant que ma mère sorte de la salle de réveil après une chirurgie. J'observe deux préposés qui aident un patient immobilisé à se retourner dans son lit, voisin de celui qu'occupera ma mère. Ils travaillent avec beaucoup de soin et de délicatesse. Quand l'un des préposés quitte la pièce, le second m'adresse la parole. On ne doit pas savoir qu'il vient d'aider un patient car il est préposé au ménage et non aux patients. Mais, précise-t-il, les préposés aux patients sont en nombre insuffisant et ils sont débordés; il lui arrive donc, à l'occasion, de les aider tout comme il lui arrive, fréquemment, d'aider des patients qui sont tombés et qui éprouvent de la difficulté à se relever. Le personnel est insuffisant et on n'y peut rien.

Troisième fait. Quelques heures plus tard, ma mère est installée dans son lit. Elle est confuse et ses constantes sont instables. Le patient du lit voisin est agité; il marmonne sans arrêt et tente constamment de se lever. Inquiète, j'hésite à quitter ma mère pour la nuit. L'infirmière me rassure en me disant que ma mère et son voisin de chambre nécessitant des soins, il y aura une surveillance assidue toute la nuit. Le lendemain, ma mère a retrouvé sa lucidité, mais son voisin est toujours agité. Un préposé aux malades ne le quitte presque pas, l'installe confortablement, le fait boire et manger, le calme et lui adresse la parole en l'appelant par son nom. En fin de journée, un médecin entre dans la pièce, consulte le dossier et discute avec le préposé. Il ne dit pas un seul mot à son patient et ne le salue même pas. Le préposé m'informe que le personnel de nuit étant réduit, on lui a demandé de mettre ce patient en contention i.e. de l'attacher, ce qu'il réprouve de façon bien évidente. Il ajoute que le personnel préposé aux patients sera bientôt réduit à la suite d'une décision du Dr Barrette et que la contention deviendra alors le moyen généralisé de sécuriser tous les patients agités. On ne peut rien faire : le Dr Barrette a décidé.

Ces trois faits, je les ai vécus dans un même centre hospitalier, en l'espace de quelques heures, et l'information que j'ai obtenue provenait de personnes différentes en des occasions isolées les unes des autres. Je ne doute pas que le Dr Barrette pourrait ajouter, ad nauseam, de multiples précisions et nuances aux propos tenus par le personnel hospitalier, précisions et nuances visant à rassurer et à rappeler que les services médicaux ne souffriront pas des nouvelles mesures administratives implantées sous sa gouverne. Mais voilà, quand il s'agit de ta mère, de ton père, de tes frères et soeurs ou de tes amis qui doivent quitter leur hôpital et le personnel qu'ils connaissent pour recevoir des soins pénibles ou qui se retrouvent attachés à leur lit faute de personnel pour les aider, toutes les prouesses rhétoriques du grand manitou de la radiologie ne rassurent pas. Pour une fois l'émotivité aide à voir clairement que c'est inhumain, inacceptable et proprement scandaleux!

Si quelqu'un peut me dire comment je peux, parce que je le veux, changer les choses, dites-le-moi ! On ne doit pas accepter l'inacceptable pour satisfaire l'égo de quelques dirigeants.

Lynn Cleary, retraitée, Lévis

Le 9 août 2015, je me trouve dans un hôpital du CHUQ... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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À qui profite le nouveau rôle d'évaluation?

La Ville de Québec vient de faire connaître le nouveau rôle d'évaluation foncière 2016-2018. Et quelle étrange surprise pour les immeubles situés dans les vieux quartiers (Sillery, Sainte-Foy, Montcalm et Saint-Sacrement)! Plusieurs immeubles voient leur valeur globale demeurer relativement stable par rapport au précédent rôle d'évaluation 2012-2015. Toutefois, la valeur des terrains a fait un bond prodigieux au détriment de la valeur du bâtiment qui elle a chuté, dont certaines de façon spectaculaire.

Comment expliquer un tel revirement de situation dans un si court laps de temps?

Est-ce dû à la rareté des terrains? Si oui, comment expliquer que la rareté des terrains ait connu un tel changement au cours des trois dernières années? Il me semble que les terrains ne sont pas plus rares aujourd'hui qu'il y a trois ans.

Pour la valeur du bâtiment, comment expliquer une telle dépréciation? Est-ce en raison de l'âge du bâtiment? Si oui, comment expliquer qu'un bâtiment construit dans les années 1960 soit assujetti au même impact de dépréciation qu'un bâtiment construit dans les années 1930 ou 1940? Serait-ce plutôt le niveau d'entretien du bâtiment? Si oui, comment expliquer une telle dégradation dans un court laps de 3 ans?

Est-il possible que la Ville de Québec ait donné un mot d'ordre pour orienter le nouveau rôle d'évaluation de façon à favoriser la densification urbaine? Au fait, quels sont ses objectifs précis de densification (habitants, unités de logement) pour chacun des vieux quartiers (Sillery, Sainte-Foy, Montcalm, Saint-Sacrement, et pour ce dernier, tout pour le périmètre situé entre le chemin Sainte-Foy, l'avenue Holland, le boulevard René Lévesque et l'avenue Marguerite-Bourgeois)?

L'engouement actuel des promoteurs immobiliers à «oeuvrer pour le bien commun» en densifiant les vieux quartiers de Québec me préoccupe énormément. Et ce nouveau rôle d'évaluation 2015-2018 ne fait que décupler mes inquiétudes... parce que je comprends que le nouveau rôle d'évaluation est un «GO, on continue» destiné aux promoteurs immobiliers.

Yves Hudon, quartier Saint-Sacrement, Québec

Le gouvernement peut encore apporter des modifications réglementaires... (Photo François Roy, archives La Presse) - image 3.0

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Le gouvernement peut encore apporter des modifications réglementaires et législatives permettant la possibilité d'une remise de dette pour les erreurs administratives ne pouvant être raisonnablement décelées, selon l'AQRP d'Alma.

Photo François Roy, archives La Presse

Un traitement équitable pour tous

La commission parlementaire qui se penche actuellement sur le projet de loi no 58, Loi regroupant la Commission administrative des régimes de retraite (CARRA) et la Régie des rentes du Québec (RRQ), a fort à faire pour rétablir la réputation de l'administrateur des régimes de retraite du secteur public et parapublic qui est aux prises, depuis plusieurs années, avec un service à la clientèle déficient et parfois préjudiciable envers sa clientèle.

À ce titre, il est bon de rappeler que le Protecteur du citoyen, dans ses derniers rapports annuels, a régulièrement dénoncé et critiqué les aspects suivants :

•    La réglementation actuelle ne prévoit pas la possibilité pour la CARRA d'annuler une dette découlant de son erreur;

•    Tout délai, dans la correction de cette situation, ajoute au risque que d'autres personnes soient lésées de la même manière;

•    Les citoyens n'ont pas à assumer l'erreur non raisonnablement décelable d'un organisme gouvernemental.

L'un des enjeux les plus criants dans le cadre de ces travaux, qui touchent par ailleurs plusieurs centaines de milliers de retraité(e)s et de futur(e)s retraité(e)s québécois(es), est donc d'offrir davantage d'impartialité en matière de révision des décisions rendues, puisque, depuis plusieurs années maintenant, des retraités se voient réclamer des sommes importantes à la suite d'une erreur qu'ils ne pouvaient raisonnablement déceler. À l'heure actuelle, le processus de révision des décisions à la CARRA ne permet ni aux comités de réexamen, ni au tribunal d'arbitrage, d'analyser un dossier à partir de cette notion, contrairement à la pratique en vigueur à la RRQ. C'est un non-sens!

Puisqu'un processus de fusion entraîne une réorganisation des activités et de la structure des entités regroupées, assurer un service à la clientèle renouvelé, diligent et fiable devient primordial. Or, rien ne suggère dans l'esprit du projet de loi no 58 un sentiment d'urgence à cet égard, et ce, même dans un contexte de ratés importants pour l'administrateur des régimes de retraite publics depuis l'amorce de sa période de modernisation en 2009.

Retraite Québec doit faire mieux. Le gouvernement peut encore rectifier le tir et apporter des modifications réglementaires et législatives permettant la possibilité d'une remise de dette pour les erreurs administratives ne pouvant être raisonnablement décelées. C'est une question de justice, c'est une question d'équité, c'est une question de respect.

Donald Tremblay, président Association québécoise des retraités(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP), Alma

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