Autos, vélos, piétons : les hoquets du vivre en ville

Les cols bleus ont posé un poteau indiquant... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Les cols bleus ont posé un poteau indiquant une rue partagée entre cyclistes et automobilistes, alors que la piste cyclable est aménagée dans ce secteur depuis belle lurette. 

Le Soleil, Erick Labbé

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Le Soleil

Le savoir-vivre en société n'est pas inné. Il s'appuie sur les principes d'éthique et de morale que se forge chaque milieu social et culturel et qui peuvent varier avec le temps. Mais toutes ces variations s'inscrivent nécessairement sur une trame universelle, partagée par tous les humains.

On peut convenir qu'il y a trente ou quarante ans, il était plutôt aisé, par exemple, de circuler à pied entre la maison et l'école, de se rendre au travail en vélo ou d'éviter les bouchons de circulation dans des villes comme Montréal ou Québec. Le partage des espaces urbains pouvait s'effectuer dans une relative aisance.

Avec l'augmentation et l'accroissement de la concentration de la population dans ces agglomérations, les choses ont changé. Feux de circulation prioritaires pour les piétons, pistes aménagées pour les vélos, limites prescrites de vitesse des automobiles font maintenant partie du quotidien.

Si le tissu urbain s'est graduellement, mais profondément, transformé au fil des décennies, qu'en est-il du «vivre en ville» des Québécois? Piéton, cycliste ou automobiliste partagent désormais une même urgence dans leurs déplacements. On carbure au stress et au chacun-pour-soi. Cette pulsion fait en sorte qu'une majorité de citoyens feront fi des règles de la circulation et du vivre ensemble dans des espaces urbains de plus en plus densifiés.

Des événements fréquemment vécus au cours des dernières années peuvent illustrer ces comportements citadins quotidiens. Un piéton presse machinalement le bouton qui lui donnera priorité pour traverser une artère achalandée, mais constatant qu'il n'y a pas d'automobile en vue, n'attend pas la signalisation qu'il a commandée. Un cycliste qui grille les feux rouges ou se déplace à contresens de la circulation automobile. Un automobiliste, ce qui inclut les transports publics, qui roule bien au-delà de la vitesse autorisée.

Ce qui est plus étonnant et paradoxal, c'est que le citoyen qui refuse de se laisser emporter par ce tourbillon de délinquance urbaine risque vite d'être considéré comme déviant, de manquer de souplesse, si ce n'est d'être violemment pris à partie! Ce qui n'empêchera pas les mêmes citoyens délinquants de monter au créneau pour faire valoir leur droit chaque fois que cela leur conviendra.

Une éthique, une morale citoyenne «à la carte», qui serait fondée sur l'utilitarisme, la survie des plus forts et la déviance, ne saurait conduire à autre chose qu'une impasse dans le vivre en ville. Il faudra donc davantage que des publicités incitant les citoyens à modifier leurs comportements dans nos environnements urbains. Le «vivre en ville» fondé sur la solidarité et l'éthique citoyennes existent ailleurs dans le monde. Pourquoi pas aussi chez nous?

Serge Genest

Québec

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