Il faut que ça change!

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Les électeurs, en votant, savent déjà qu'il n'y aura pas de changements. Les élus ne sont que les marionnettes de la haute finance, affirme l'auteur.

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Le Soleil

Nous sommes en 1960. Jean Lesage vient de remporter l'élection générale en faisant campagne avec le slogan «C'est le temps que ça change». Le nouveau premier ministre libéral venait de mettre fin au règne de l'Union nationale de Maurice Duplessis (le cheuf!) qui avait gouverné le Québec depuis 1944.

Deux ans plus tard, Jean Lesage provoque une élection générale sur le thème de la nationalisation de l'électricité. Je cite un extrait d'un de ses discours mémorables: «Il faut rendre au peuple du Québec ce qui appartient au peuple du Québec; son plus riche patrimoine, celui de l'électricité. Et ça presse, demain il sera trop tard. C'est maintenant ou jamais que nous serons maîtres chez nous.» Un deuxième slogan: maîtres chez nous. La défaite du parti libéral en 1966 amène Daniel Johnson (père) à inventer un nouveau slogan dans la ligne de Jean Lesage: «Égalité ou indépendance». Pas nécessairement l'indépendance, mais l'indépendance si nécessaire. Donc, tout un grand changement!

Les référendums de 1980 et de 1995 s'inscrivaient dans la ligne de ce changement profond. Il semble que les Québécois aiment les changements, mais uniquement écrits sur les pancartes électorales, enrobés d'un slogan. 

Le plus absurde des slogans fut celui du Bloc québécois lors de l'élection de 1994 : «On se donne le vrai pouvoir». Parce qu'il y a, évidemment une différence entre le pouvoir et le vrai pouvoir. Le pouvoir sert à gouverner; le vrai pouvoir sert à chialer continuellement. La présente élection fédérale affiche déjà quelques slogans: «leadership» pour les conservateurs ; «Ensemble pour du vrai changement» de Justin Trudeau (exactement le même slogan que son père en 1972). Même idée de changement dans la publicité NPD.

Le peuple veut du changement, mais ne sait pas trop lequel. Le peuple veut bien que ça change, mais à condition que ça ne les dérange pas trop. Il souhaite que l'on gouvernement autrement (ancien slogan du PQ), mais ne sait pas trop s'il est prêt à poser les gestes pour que ça change vraiment.

Changement, vrai changement, ensemble, et quoi encore, tout cela n'est que du marketing. Le gouvernement actuel veut la continuité en promettant des changements. Ceux qui aspirent au pouvoir ou au vrai pouvoir promettent eux aussi des changements. 

Les électeurs, en votant, savent déjà qu'il n'y aura pas de changements. Les élus ne sont que les marionnettes de la haute finance. C'est eux qui décideront s'il doit y avoir des changements. Il y aura des changements cosmétiques, bien sûr, mais pour le réel changement, le peuple devra attendre. Une fois de plus, l'illusion du changement servira d'alibi; une fois de plus, personne ne proposera un changement qui fera que les choses ne seront plus comme avant.

Nestor Turcotte, Matane 

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