Lorsque l'itinérance fait les frais d'Ottawa

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Le Soleil

«L'itinérance» a récemment fait l'actualité alors que le 8 juillet dernier la Ville de Montréal révélait que quelque 3000 personnes se sont trouvées en situation d'itinérance la nuit du 24 mars. Au-delà du débat de chiffres auquel certains se sont prêtés et du  souhait partagé des intervenants de faire toujours mieux pour lutter contre l'itinérance, n'est-il pas étonnant que les discussions n'aient pas porté sur la directive liée aux sommes en provenance du fédéral en matière d'itinérance? Car s'il y a bien une décision récente qui affecte directement les personnes dans la rue, c'est l'approche «Logement d'abord» qu'impose le gouvernement fédéral au Québec.

En effet, on apprenait cette année que le gouvernement fédéral a exigé de Québec que l'argent destiné à la lutte contre l'itinérance soit consacré à l'approche «Logement d'abord» et ce, à teneur de 65%. Les fonds fédéraux destinés au Québec ont donc été obtenus de manière conditionnelle à l'idéologie du fédéral. S'en remettant à une approche qui mise sur l'octroi de logements aux itinérants, Ottawa vient épouser une vision bien réductrice du phénomène de l'itinérance en plus de bafouer l'expertise québécoise. En donnant une telle priorité à cette approche, il en découle qu'on délaisse immanquablement le reste. Le reste, c'est le soutien alimentaire, l'intervention en toxicomanie et en santé mentale, le travail de rue, les programmes d'insertion sociale et professionnelle, le soutient dans les refuges, etc.. Il advient que trouver un logement à une personne itinérante n'est pas une panacée; il faut se méfier des approches uniques et d'une réponse mur-à-mur dans le domaine du «social». Il n'y a pas une seule réalité d'itinérance et de la sorte les différentes formes d'aide doivent être considérées. Et puis, toute personne n'est pas nécessairement «prête» à habiter un logement ni en a nécessairement le désir. Au final, on risque de n'apporter support qu'à une frange limitée de la population itinérante.

Tant mieux si le maire Coderre affirme vouloir un portrait détaillé de l'itinérance à Montréal et démontre de l'intérêt pour la lutte contre l'itinérance, mais peut-être vaudrait-il mieux qu'il et d'autres se penchent sur l'action du gouvernement fédéral, celle-ci qui touche des centaines d'intervenants, de nombreux organismes et plusieurs dizaines de milliers de personnes itinérantes. 

Étienne Boudou-Laforce

intervenant social 

Québec

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