Mauvaise foi ou inconscience

Le curé Pierre Gingras, dans l'église Saint-Jean-Baptiste... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le curé Pierre Gingras, dans l'église Saint-Jean-Baptiste

Le Soleil, Yan Doublet

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Le Soleil

Ce 24 juin 2015,  nous étions une dizaine de farouches nationaleux sur le parvis de l'église Saint-Jean-Baptiste. Une célébration symbolique de la Saint-Jean initiée l'avant-veille par une citoyenne en état de choc, se voulait la réponse-action au curé Pierre Gingras.

Après avoir annoncé la fermeture de l'église et avoir choisi le 24 mai pour convier à la dernière messe les citoyens du Faubourg, celui-ci allait briser une chère tradition et nier la très grande importance accordée à marquer la fête de la Saint-Jean-Baptiste en cette église depuis 1852 où le tout Québec était invité.

Le 24 juin 2015, l'abbé Gingras allait chanter la messe de la Saint-Jean assisté de l'archevêque Cyprien Lacroix , à l'église Saints-Martyrs, dans la méga-paroisse d'où l'église St-Jean-Baptiste venait d'être exclue. Une question se pose : pourquoi ne pas avoir attendu à la fin juin, voire en septembre pour fermer l'église au culte ?

Cet été, le problème des coûts de chauffage ne se posant plus, bénévoles et  guides s'étaient  engagés pour faire visiter la grande église St-Jean-Baptiste devant rester ouverte sept jours sur sept. De plus, tous les organismes venant en aide aux moins nantis, tels la St-Vincent-de-Paul cesseraient d'exercer leur fonction au sous-sol de l'église. Se pourrait-il que la gestion humaine qui peut donner des maux de tête aux élus, en soit  une des causes ?

Après avoir entonné «Gens du pays», vers les 10 heures sur le parvis de l'église, Geneviève Frédérick, guide touristique de la huitième génération à être née dans Saint-Jean-Baptiste, nous raconta l'histoire de "L'église Saint-Jean-Baptiste au-delà du bâtiment, celle du faubourg, la vie de ses citoyens,  fervents catholiques  à plus de 95 % -  justifiant les grandes églises du temps. À un taux de pratique dominicale actuel de plus ou moins 5 % des citoyens et dû au fait qu'en dehors des heures d'office les églises sont fermées depuis des années, leur fréquentation ne va pas augmenter.

À coup sûr, debout sur le parvis de l'église en ce 24 juin 2015, ce petit groupe illustrait un profond sentiment d'appartenance à son quartier . Heureux de leur initiative, les organisateurs de la fête songent à souligner de nouveau la Saint-Jean en 2016 ; leur proposition : faire autrement avec ou sans le culte*. 

Céline Lapointe

témoin occulaire

Québec

*Il n'est pas trop tard ! Présent et avenir de l'Église d'ici, Normand Provencher, Novalis, Montréal, 2015, 108 pages

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