Les «twitters»

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Le Soleil

«Twitter» est devenu un outil de communication instantané. En une fraction de seconde, quelqu'un peut rejoindre des milliers de personnes n'importe où sur la planète.

On peut «twitter» sur la rue, à table, au bureau, au lieu d'aisance, même à l'église. Dernièrement, quelqu'un «twittait», tout juste en avant de moi, allant chercher machinalement le Corps du Christ. Il envoyait sans doute un «twitt» à la divine Trinité.

Le «twittage» est devenu un accroche-coeur. La vie semble ennuyeuse, plate, si on ne pitonne pas à quelqu'un, quelque part, un court message. Les amis attendent des «twitts» et le «twitters» raffolent d'en envoyer. Certains comptent le nombre de «twitts» expédiés chaque jour.

Les employés de bureau «twittent»; les professseurs «twittent»; les amoureux «twittent» sans arrêt pour se dire qu'ils s'aiment. L'automobiliste «twitt» même si la loi lui interdit de le faire. Le cardinal est un amant du «twitt» et le pape François envoie son «twitt» tous les matins. On est «twitté» de bord en bord, du matin au soir, parfois la nuit, à cause de décalage horaire.

On résume l'événement, une pensée, en moins de 140 caractères. L'essentiel n'est plus dans la profondeur mais dans la rapidité de l'exécution. L'élaboration d'une réflexion personnelle qui, inévitablement, demande nuances et précisions, n'a plus sa place. Trois mots, une ligne, écriture au son, transforment les habitudes de tout le monde.

Les députés sont les plus grands «twitters» du Québec. Ils «twittent» en Chambre, à l'Assemblée nationale, au restaurant, sur la route. Ils «twittent» pour dire qu'ils seront à l'heure pour telle réunion. Ils «twittent» pour dire qu'ils seront en retard à tel rendez-vous. On a même vu un «député-twitteur» «twitter» lors d'une remise de médailles gratifiant certains étudiants qui s'étaient démarqués durant l'année scolaire.

Les députés raffolent de «twitter». Pourquoi? Tout simplement pour donner l'impression qu'ils sont partout à la fois tout en étant précisément à aucun endroit bien précis. L'électeur se réjouit du fait que l'élu l'ait contacté sans savoir que des milliers d'autres ont reçu le même message en même temps. La bilocation «twitteuse» est un vrai miracle!

Le contact humain ne sera jamais éclipsé par le «twitt». Il ne fera jamais disparaître la joie d'une lettre arrivée la poste. Ce que tout le monde peut lire, parfois mal interpréter ne sera jamais remplacé par un geste d'attention précis, personnalisé. Les écrits restent; les «twitts» s'envolent.

Nestor Turcotte

Matane

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