La Saint-Jean-Baptiste ou le nationalisme à retrouver

«Tristement, le 23 juin 2015 au soir, nous... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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«Tristement, le 23 juin 2015 au soir, nous étions plusieurs sur les plaines d'Abraham à être navrés de constater à quel point c'était vide de monde», déplore l'auteur.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Le Soleil

On peut à juste titre se désoler que la Fête nationale souffre d'une profonde perte de sens. Si elle est encore un symbole de l'affirmation nationale québécoise, peut-on affirmer que le 24 juin est un rendez-vous majeur de la collectivité? Est-il encore l'épicentre des grands rassemblements politiques, sociaux et culturels de l'heure comme il pouvait l'être dans les années 60 et 70? On peut en douter.

Aujourd'hui, c'est à peine si, lors du spectacle de fin de soirée, on a droit à quelques petites prises de position polies; on fait légèrement écho à nos aspirations collectives en tant que nation, sans plus. Mais où est passée notre fibre nationaliste, vibrante et affirmée?

Par ailleurs, il est tout à fait navrant de constater qu'on veut, année après année, faire davantage de la Saint-Jean-Baptiste une fête «comme les autres», c'est-à-dire à caractère familial et aseptisée au possible. 

Inutile de «dépolitiser» la fête, elle n'est déjà plus, d'une certaine façon. À Québec particulièrement, les visées de l'administration Labeaume sont particulièrement parlantes à cet égard. Pas à pas, on a vidé de son sens cette fête. La dimension subversive et la force revendicatrice ne sont plus ce qu'elles étaient. Désormais on chantonne «bonne Saint-Jean!» comme on chante «joyeux anniversaire». L'argument sécuritaire est bien évidemment à considérer, mais à trop forcer la note, on en est venu à réprimer des pulsions qui doivent inévitablement s'exprimer; une soif de fierté et de réjouissance qui pouvait notamment librement s'exprimer lors de la fête nationale. Et ainsi, tristement, le 23 juin 2015 au soir, nous étions plusieurs sur les plaines d'Abraham à être navrés de constater à quel point c'était vide de monde.  

Pourtant, la Saint-Jean-Baptiste peut toujours se recharger de sa symbolique nationale. Il s'agit d'y croire et de s'y prêter. Plus que jamais, nous devons laisser cours à l'expression d'une culture nationale, distincte, singulière, belle! - la nôtre! - héritée de ceux qui nous ont précédés et à laquelle nous devons participer à enrichir. Qu'importe notre allégeance politique, notre provenance, nous sommes tous Québécois et attachés à notre Québec, à notre culture dont nous devons être fiers. Nous devons la faire vivre, la défendre, et cela passe notamment par une mobilisation citoyenne, mais également, dans le cas qui nous concerne, par une incarnation davantage politique et sociale de la Saint-Jean-Baptiste. Nous devons veiller à ce que tout un chacun puisse contribuer à la nation, en épousant notre langue, notre patrimoine, notre culture et notre histoire. Un premier pas encourageant serait de stopper «l'hémorragie-aseptisation» de la fête nationale.

Étienne Boudou-Laforce, Québec

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