Quand le discours écope avec Péladeau

Le chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau lors de la soirée électorale de lundi

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Le Soleil

On peut comprendre qu'un chef de parti, après deux défaites électorales, veuille réconforter ses troupes et tenter de les galvaniser pour le prochain combat, mais pas au point de déformer les faits.  C'est pourtant ce que Pierre Karl Péladeau a fait dans son discours qui clôturait les élections partielles récentes.

«Nous avons semé pour l'avenir. Nous sommes la seule formation politique en progression partout (...)» (Le Soleil, édition du 8 juin).  Vraiment?

 Si on regarde les chiffres, on constate au contraire que d'autres formations politiques ont mieux progressé que le PQ.  Dans Chauveau, le vote pour le PLQ est passé de 29,91 % (avril 2014) à 41,3 % (juin 2015). Le parti conservateur d'Adrien Pouliot est passé de 2,4 % (avril 2014) à 4,92 % (juin 2015), devançant même Québec solidaire. Il est vrai que le vote péquiste s'est amélioré; de 3,20 % dans Chauveau et de 7,49 % dans Jean-Talon. Cette progression demeure bien inférieure à celle du PLQ qui a remporté la victoire dans les deux circonscriptions. Des commentateurs étaient d'ailleurs pour le moins prudents à parler d'un réel effet PKP dans ces élections. Même le candidat péquiste dans Jean-Talon attribuait surtout sa progression au fait qu'il avait misé sur des enjeux locaux (l'avenir du site patrimonial de Sillery, par exemple) et non au seul effet PKP. 

La notoriété de Péladeau et la visibilité du parti (plusieurs mois de campagne à la direction) n'ont pas été le ferment miraculeux escompté.

C'est plutôt la langue de ce chef de parti qui a encore eu un mauvais effet sur mes oreilles : «On ne renforcit (sic) pas notre économie en laissant partir nos sièges sociaux et en négligeant nos régions», conclut Péladeau en visant le parti libéral. On se serait attendu à ce qu'un aspirant au titre de premier ministre emploie le terme «renforcer», terme plus relevé que le terme «renforcir», plus rustique, qui ne figure ni au Robert, ni au Larousse, et qui disparaît de plus en plus (OQLF). M. Péladeau aurait dû tenir compte de la magistrale leçon de français que lui a servie Antoine Robitaille dans son article «En français, s'il vous plaît (Le Devoir, édition du 27 mai 2015)». Avec Péladeau, la langue a encore une fois écopé.

Quand on aspire à devenir leader de la nation, la maîtrise de la langue nationale s'impose!

Romain Gagné, Québec

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