Le «mystère Québec» et les radios privées

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Le Soleil

D'où vient ce vent de conservatisme social, politique et économique qui déferle sur la ville de Québec depuis une dizaine d'années? Certains attribuent ce phénomène aux radios privées qui instrumentalisent l'opinion publique. Qu'en est-il au juste?

Tout a débuté avec celui que l'on a surnommé «le roi des ondes», ce communicateur autoritaire qui, après avoir trôné dans l'espace médiatique auprès des 50 ans et plus, par ses propos caustiques et souvent démagogiques, a terminé sa vie publique comme député indépendant «conservateur». Il a été suivi par un plus jeune qui a su canaliser les frustrations de la génération X, en se faisant l'apôtre du mauvais goût, tout en prônant des idées conservatrices de la nouvelle droite, et en visant plus les personnes que leurs idées.

Avant de se brûler les ailes par des poursuites incessantes de la part de ses victimes, il a quitté les ondes publiques, pour se réfugier dans une station satellite où il s'est assagi quelque peu. Le mouvement était cependant donné, d'autres animateurs ont pris le relais, embrassant l'idéologie rentable des prédécesseurs, tout en marchant sur la frontière étroite entre le populisme et la démagogie.

Sur quoi repose leurs fonds de commerce? Au niveau politique, ce sont des fédéralistes inconditionnels, cela se constate au moment des élections où ils tirent à boulets rouges sur les partis souverainistes, en intervenant directement dans les campagnes électorales, en appuyant le Parti libéral et la CAQ. Aux niveaux économique et social, ils sont des haut-parleurs de la pensée néolibérale : hors du privé, point de salut, à moins qu'il s'agisse pour l'État de financer un amphithéâtre pour recevoir une équipe de la LNH... Sinon, ils dénoncent la trop grande place qu'occupent les gouvernements, en tentant de discréditer les fonctionnaires, les enseignants et le monde médical.

Tout est ramené à la piastre : pour eux, la compassion est une marque de faiblesse, elle est à l'opposé de leur monde individualiste, seul rempart contre la déchéance collective : selon leurs valeurs, la collectivité est constituée d'un ensemble d'individus qui essaient de réussir au détriment de la masse. Ils s'opposent aux syndicats, et à tout ce qu'ils représentent. Ils dénigrent les leaders de la société civile qu'ils qualifient de gauchistes.

À défaut de pouvoir argumenter avec les intellectuels, les comités de citoyens, les groupes environnementaux et tous les autres défenseurs du bien commun, ils tirent souvent sur le messager, en s'attaquant aux leaders de ces groupes. Ils aiment bien les recevoir à leurs émissions, pour les livrer en pâture à la horde de leurs disciples bien embrigadés qui ont bien intégré les valeurs de leurs gourous. Leurs interventions sont tellement subjectives et orientées que l'objectivité qu'essaie de se donner la radio publique est perçue par eux comme une adhésion aux idées gauchisantes.

Vu sous cet angle, doit-on être surpris du glissement progressif de l'électorat de Québec vers le conservatisme? En ramenant des faits divers au niveau de la nouvelle, en manipulant l'opinion publique à leur guise, l'information se dégrade tellement, qu'il faut la jeter à la poubelle.

Marcel Perron, Neuville

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