L'anglovirus

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Le réalisateur italien Paolo Sorrentino, d'Italie, a présenté à Cannes son second film en anglais, Youth, mettant en vedette Michael Caine et Harvey Keitel.

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Le Soleil

(Québec) Depuis qu'Hollywood existe, de grands cinéastes étrangers ont été invités à y travailler: Ernst Lubitsch, Jean Renoir, Billy Wilder, Roman Polanski, Milos Forman, Lasse Hallström, Ang Lee, Alfonso Cuaron, pour n'en nommer que quelques-uns. Les Québécois Denis Villeneuve et Jean-Marc Vallée y sont maintenant et nous font honneur. Nul doute que notre petit génie Xavier Dolan y fera aussi le saut bientôt.

Mais il se produit un nouveau phénomène depuis peu : d'excellents cinéastes, dont la langue maternelle n'est pas l'anglais, tournent dans cette langue hors des États-Unis. Ainsi, cette année à Cannes, quatre noms respectables du cinéma international, Joachim Trier de la Norvège, Matteo Garrone de l'Italie, Yorgos Lanthimos de la Grèce et Michel Franco du Mexique présentent tous leur premier film en anglais, tandis que Paolo Sorrentino, d'Italie, y présente son second film en anglais, Youth, mettant en vedette Michael Caine et Harvey Keitel.

La chose est si surprenante que le quotidien britannique The Guardian a parlé d'un «virus anglophone» en train de se répandre. Le directeur du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, a affirmé quant à lui que l'anglais fonctionne comme un nouvel espéranto et dit comprendre que certains cinéastes qui veulent intégrer le marché états-unien choisissent l'anglais.

Si nous n'y prenons garde, les films comportant de gros budgets et tournés hors de l'espace anglophone le seront exclusivement en anglais à l'avenir, alors que seuls les films à petit budget seront tournés dans d'autres langues. Le monde y perdra forcément en diversité. Si les petits pays n'ont pas les moyens de faire face, l'Union européenne, elle, le peut.

Ce sera la meilleure si la Grande-Bretagne quitte l'UE d'ici la fin de cette décennie et que les films à gros budget tournés sur le vieux continent continuent à l'être essentiellement en anglais.

Sylvio Le Blanc, Montréal

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