Déconstruction du progrès

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard... (Archives La Presse Canadienne)

Agrandir

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard

Archives La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil

Imitant son pendant fédéral, le gouvernement du Québec plonge les régions éloignées dans une machine à remonter le temps. Ce désengagement est progressif et atteindra son paroxysme cette année, avec la fermeture des bureaux de chômage, l'abandon d'une partie du rail, les coupes dans les budgets d'organismes ou leur abolition, la contraction des budgets des ministères de la Santé et de l'Éducation, etc.

Au lieu de chercher un équilibre dans la recherche du déficit zéro, on préfère s'en prendre aux assistés sociaux, à l'éducation, à la santé, aux organismes de développement régional, tout en conservant et même en réduisant les impôts d'entreprises. À mi-chemin entre l'idéologie et l'opportunisme, ce choix nous ramène bien loin dans le passé. En fait, c'est une déconstruction du progrès réalisé par la plupart des régions.

Ces gouvernements sont idéologiques, car leurs décisions sont mues par des idées simples et populistes: il faut moins de gouvernements, diminuer la bureaucratie, une plus grande productivité, briser les syndicats trop puissants, etc. Ces idées plaisent. Elles sont faciles à comprendre, mais plus difficiles à prouver. Le gouvernement Harper est-il un succès sur le plan économique et social? Ce genre de gouvernements ne voient qu'un côté. Tout comme le Parti libéral, les conservateurs ont préféré se ranger derrière les entreprises et dispenser quelques cadeaux aux électeurs. Mais dans l'ensemble, il y a une simplicité dans la vision de la société canadienne. En fait, c'est une américanisation du Canada, et le Québec y participe. 

Ils sont pragmatiques ces gouvernements; ils n'hésitent à plaire aux citoyens, l'espace d'un moment, pour y trouver des votes. L'exemple du gouvernement Couillard est patent. Il décide de faire revivre le registre des armes à feu, bien réalistement estimé à des dizaines de millions de dollars, pour toucher les nationalistes. Or, c'est une farce! Rebâtir ce registre sera extrêmement dispendieux. Peut-être autant que toutes les coupes en éducation pour les prochaines années. Idem pour la région de Québec, convoitée par les libéraux: plusieurs idées sont des copies conformes de celles de la Coalition Avenir Québec. Ils veulent ravir les votes de ce parti. S'ils réussissent, ils seront alors imbattables. 

Voulant réduire le fardeau de la dette tout en gagnant les élections, les gouvernements ont décidé de restreindre leurs activités sans soucis pour les régions éloignées. Un peu plus et on voit poindre un pays rétrograde mené par une élite fortunée au service du capital uniquement. 

Le Canada et le Québec devraient représenter tout le monde et tendre vers une certaine équité entre économie et société, villes et régions. 

Jean-David Cyr, New Richmond

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer