Il y a dix ans: Rabaska

La fin du projet Rabaska, dont les terres... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La fin du projet Rabaska, dont les terres sont consacrées industrialo-portuaires depuis les années 90, représente une perte de revenus anticipés de 8 à 11 millions $ par année.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Le Soleil

Rappelez-vous de ce projet structurant de port méthanier sur la rive sud de Québec. Il allait permettre d'importer du gaz naturel, de Russie entre autres, et de ne plus dépendre uniquement du gaz nord-américain. La construction échelonnée sur trois ans allait embaucher près de 1000 personnes au plus fort des travaux et l'exploitation créerait 70 emplois permanents bien payés.

Bien sûr, certains ont décidé de s'opposer en faisant valoir les dangers environnementaux de Rabaska. En coeur, l'élite politique et économique de la région, soutenue par ses alliés des médias locaux n'a pas tardé à ridiculiser les opposants, des poètes déconnectés qui ne comprennent rien au développement économique.

Et Rabaska a été enterré. Une augmentation de la production nord-américaine de gaz, que ni les experts, ni les promoteurs, n'avaient prévue, mit fin au projet. Si nous avions écouté à l'époque nos dirigeants locaux, nous aurions aujourd'hui à Lévis un beau port méthanier vide ; aussi vide qu'un amphithéâtre sans équipe. Aujourd'hui, les mêmes élites et médias tentent de nous convaincre qu'un autre projet, Énergie Est, constitue une occasion de développement économique que nous ne devons pas ignorer. Les mêmes personnes utilisent les mêmes arguments pour défendre Énergie Est qu'elles utilisaient jadis pour défendre Rabaska, même si l'un est l'exacte opposé de l'autre. Rabaska, piloté par Enbridge, allait concurrencer le gazoduc de TransCanada avec du gaz importé. Aujourd'hui, TransCanada nous dit qu'en transformant son gazoduc en oléoduc, nous pourrons remplacer le pétrole importé par celui de l'ouest. Mais défendre une chose et son contraire n'est pas ce qui empêche l'élite d'accuser les opposants d'être des rêveurs qui ne connaissent rien aux vraies affaires. Pourtant, la crise actuelle de l'industrie pétrolière canadienne, la résistance non prévue des producteurs de pétrole conventionnelle pour conserver leurs parts de marché, l'incertitude de l'avenir des hydrocarbures dans un monde marqué par les changements climatiques, peuvent très bien sonner le glas d'Énergie Est comme ce fut le cas pour Rabaska.

Rendez-vous dans 10 ans pour un autre projet structurant ; il y en a. Il faut tout simplement les puiser dans le XXIe siècle et non dans le XIXe.

Pierre Ross

Québec

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