Le véritable responsable de la violence, c'est vous, monsieur Labeaume

Banane rebelle en 2012... (Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

Banane rebelle en 2012

Photothèque Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil

Monsieur Labeaume,

Le 24 mars, je manifestais dans les rues de Québec pour exprimer mon opposition aux mesures d'austérité. Suis-je pour autant un fauteur de trouble, un casseur, une tête brûlée? 

Non. J'ai 32 ans. J'ai deux enfants. Je suis étudiant, mais aussi enseignant. Je suis écrivain. Je possède ma propre maison d'édition. Je collabore régulièrement au Devoir. Je suis reconnu et respecté par mes pairs (je vous épargne ici la liste des prix et distinctions qui m'ont été attribués). Bref, je suis un citoyen responsable et engagé. Un homme doux qui ne s'emporte pas facilement. 

Pourtant, le 24 mars, j'ai été mordu par un chien policier et arrêté. Pourquoi? Parce que j'exerçais mon droit légitime de manifester, reconnu par les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. Comme les 273 autres personnes arrêtées ce soir-là. Comme Naomie Tremblay-Trudeau qui, deux jours plus tard, recevait en plein visage une grenade lacrymogène tirée à bout portant.

Bien sûr, je pourrais blâmer les policiers pour leur travail. En situation de tension, certains d'entre eux posent des gestes d'une violence démesurée. Si leur esprit de corps ne les incitait pas à se couvrir les uns les autres, quitte à mentir dans leurs rapports, on pourrait au moins espérer que le système de déontologie policière nous mette à l'abri de ces individus dangereux. 

Au-delà de ces cas individuels, je pourrais aussi remettre en cause les outils employés pour réprimer les manifestants. Un berger allemand pour contenir un mouvement de foule, vraiment? Des grenades lacrymogènes lorsqu'on se tient à quelques mètres à peine des manifestants? Certains stratèges policiers donnent l'impression de s'être creusé la tête longtemps pour trouver les façons les moins efficaces et les plus dangereuses de s'attaquer à leurs concitoyens. 

Ces questions, quoiqu'importantes, ne doivent pas nous faire oublier que le véritable responsable de cette violence, c'est vous, monsieur Labeaume.

En juin 2012, vous avez fait adopter l'article 19.2 du Règlement sur la paix et le bon ordre qui restreint de façon abusive le droit de manifester. Cet article est une aberration. Au lieu de favoriser la paix et le bon ordre, il attise la haine et provoque des tensions, obligeant le Service de police à réprimer par la force des manifestations autrement pacifiques. En faisant adopter cet article, vous avez agi de façon irresponsable et dangereuse. Vous devez le reconnaître aujourd'hui.

Admettez votre erreur. Agissez. Faites abolir l'article 19.2.

Gabriel Marcoux-Chabot, alias Banane rebelle, Québec

P.-S. Les personnes qui souhaitent exprimer leur accord avec le contenu de cette lettre sont invitées à la cosigner en cliquant sur le lien suivant : http://gabrielmarcouxchabot.com/lettreouverte

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer