Foresterie: rien n'est permanent, sauf le changement!

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Malgré des difficultés économiques importantes, le secteur forestier a redoublé d'ardeur pour améliorer ses pratiques. Tout cela, dans un seul et unique but: diminuer l'impact des opérations de récolte sur l'environnement, explique l'auteur.

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Le Soleil

Dans les dernières semaines, le secteur forestier du Québec a été au coeur d'une vaste tempête médiatique. D'abord, le conflit entre Produits forestiers Résolu et Greenpeace a pris énormément d'ampleur dans les médias. Au centre du litige, la perte de certifications FSC par Produits forestiers Résolu sur des territoires au Lac-Saint-Jean. Puis, c'était au tour de Richard Desjardins d'allumer les projecteurs sur le secteur forestier, dans une série de sept articles, soulignant en quelque sorte la publication du rapport Coulombe, il y a 10 ans. Même si certaines vérités ont été énoncées dans ces articles, je dois vous avouer qu'ils m'ont laissé un goût amer.

Un goût amer, puisqu'ils sont injustes. Ils font fi des 10 années d'évolution du secteur forestier québécois. Comme si l'Erreur boréale et la commission Coulombe n'avaient eu aucun impact sur les pratiques forestières du Québec. Comme si nous étions restés les bras croisés à attendre que la tempête passe. Pourtant, la grogne populaire qui a suivi l'Erreur boréale et les évidences scientifiques de la commission Coulombe nous ont entraînés dans une démarche douloureuse, mais nécessaire: tout remettre en question.

On nous a dit qu'on coupait trop de bois, qu'on avait surestimé ce qu'on pouvait retirer de la forêt. Le gouvernement a répondu immédiatement, en diminuant les droits de récolte de 20 % partout au Québec, le temps que le Forestier en chef revoie l'ensemble du calcul. Si bien que maintenant, nous sommes en mesure de mieux connaître la capacité de produire de notre forêt avec des méthodes et des hypothèses qui se basent sur les connaissances scientifiques les plus modernes. Et nous sommes en mesure de dire que dans les dernières années - crise économique ou non - nous avons coupé beaucoup moins de bois que la capacité de produire de notre forêt.

On nous a dit que nos pratiques forestières ne respectaient pas suffisamment la biodiversité, que nous devrions favoriser l'aménagement écosystémique. C'est maintenant un principe fondateur du régime forestier, entré en vigueur au printemps 2013. Nous pratiquons maintenant une sylviculture à saveur plus écologique. Concrètement, nous faisons plus de coupes partielles.

On nous a dit qu'on se préoccupait seulement de la coupe de bois, qu'on ne considérait pas les autres utilisateurs de la forêt. Nous avons créé un espace de concertation à l'échelle régionale, afin que les intérêts et attentes de tous les utilisateurs soient pris en compte dans l'aménagement des forêts. Tous ces gens sont assis à la même table et dictent les orientations à la base de l'exploitation des forêts.

Malgré des difficultés économiques importantes, le secteur forestier a redoublé d'ardeur pour améliorer ses pratiques. Tout cela, dans un seul et unique but: diminuer l'impact des opérations de récolte sur l'environnement. Un écosystème forestier, c'est complexe, et y intervenir n'est pas une mince tâche. Il serait faux de prétendre que les interventions liées à la récolte de bois n'ont pas d'impacts sur les écosystèmes. Je vous entends me demander : «pourquoi vous la coupez alors?». Parce que le bois est une matière formidable, naturelle et surtout renouvelable. Qui n'aime pas toucher le grain du bois? Sa chaleur? Sa profondeur? Son odeur? Mais comme on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, on ne fait pas de produits en bois sans couper des arbres...

Il est grand temps qu'on commence à reconnaître les améliorations indéniables des pratiques forestières. Nous avons fait des progrès, mais surtout, nous continuons de nous améliorer. Nous savons que nous ne sommes pas parfaits, et nous sommes très sensibles aux attentes de la population. Une chose est certaine, les Québécois sont profondément attachés à leur forêt et cet attachement doit être au coeur de la prospérité du secteur forestier québécois. Partout dans le monde, les forêts sont au coeur du développement d'une économie verte. Nous possédons tous les éléments nécessaires pour y arriver. Arrêtons de sortir les fantômes du placard et prenons le virage tous ensemble.

Denis Villeneuve, ing.f., président de l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, Québec

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