Les Soeurs de la Charité causent un mouvement citoyen

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Les terrains des Soeurs de la Charité

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Le Soleil

Le projet de développement urbain de la ferme des Soeurs de la Charité dans le secteur de Beauport suscite l'éveil des citoyens. En tant qu'agronome pédologue à l'origine de la Loi sur la protection du territoire agricole du Québec, on ne peut que se réjouir de ce phénomène et souhaiter qu'il soit compris par les instances chargées de l'application de la loi.

D'ailleurs, étant donné la planification de la ville de Québec et les autorités en place, il serait illusoire de compter sur l'administration Labeaume pour protéger les terres à bon potentiel agricole. La production agricole et la sécurité alimentaire ne figurent pas à leur plan de match. La faim du monde ne les atteint pas.

Mère nourricière, la ferme des Soeurs a nourri, pendant plus d'un siècle, les pensionnaires et le personnel de l'Hôpital Saint-Michel-Archange érigée en municipalité. À son apogée, elle comptait plus de 6000 personnes. Cette ferme a été vendue à un promoteur immobilier en vue de loger éventuellement une population de 20 000 habitants, soit approximativement l'équivalent de la population de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Tant qu'on ne sera pas conscient de la rareté des terres agricoles, on ne sera pas convaincu de la nécessité de les protéger. Toutefois, sans être agronome pédologue, quiconque a le moindrement voyagé au Québec est en mesure de constater que le territoire n'est pas partout propice à l'agriculture. Selon les experts, c'est le cas de plus de 95 % de l'ensemble du territoire québécois. Qu'il suffise de faire le trajet de Québec à Saguenay par le parc des Laurentides pour s'en convaincre. À l'extérieur des basses terres du Saint-Laurent, il y a toute une gamme de facteurs limitatifs à la pratique de l'agriculture.

Par contre, le développement urbain pourrait se faire à peu près n'importe où alors que ce n'est pas le cas de l'agriculture. Ce n'est pas l'espace qui manque au Québec pour le développement urbain. On peut très bien abattre les arbres et construire des résidences sur des terrains impropres à l'agriculture.

Mené à terme, le projet envisagé aurait pour conséquence de détourner, au profit du développement urbain, plus de 200 hectares de terre à haut potentiel agricole d'un seul tenant qui pendant plus d'un siècle a servi de garde-manger aux Soeurs de la Charité et à leur oeuvre.

La supérieure générale des Soeurs de la Charité semble motivée du fait que l'équivalent de 50 % des profits générés par le développement résidentiel irait pour les pauvres ce qui, prétendument, aurait pour effet de prolonger leur oeuvre de charité.

L'amour des pauvres ne doit pas contribuer à leur enlever le pain de la bouche.

L'heure du test va sonner.

Lauréan Tardif, agronome pédologue

L'Ancienne-Lorette

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