L'exode des régions n'est pas la solution

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Le pdg du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval

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(Lettre en réponse à Yves-Thomas Dorval, Conseil du patronat du Québec)

En commission parlementaire il y a quelques jours, le Conseil du patronat du Québec a proposé une réallocation des budgets alloués à l'appui des municipalités dévitalisées pour plutôt encourager la relocalisation des familles vers des milieux plus denses en terme de population, dans l'objectif d'atteindre des objectifs de développement durable et de favoriser les transports en commun. 

Si certains peuvent être tentés d'accorder un moment de réflexion à cette idée, alors faisons-le, mais que ce soit un court moment, puisque cette «solution» n'est pas nouvelle: elle a déjà été mise de l'avant il y a 50 ans. 

À cette époque, le Bureau d'aménagement de l'Est-du-Québec recommandait la fermeture d'une dizaine de villages du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Ayant provoqué à la fois déchirements et mobilisations citoyennes, ces travaux sont étudiés aujourd'hui non comme un exemple à suivre, mais bien comme une erreur. Inadaptée, froide, top down, technocratique, les mots ne manquent pas pour décrire l'échec de cette stratégie de planification territoriale. Il est pour le moins singulier de penser que la même solution donnerait de nos jours un résultat différent. 

Offrir une telle mesure, ce serait aller à l'encontre du libre choix des gens de demeurer dans leur communauté d'attache; ce serait leur enlever leur patrimoine familial, la terre ou la maison où ils ont grandi. Ce serait déraciner des personnes âgées qui souhaitent mourir là où elles ont vécu. Ce serait enlever la clé à des enfants pour connaître leur pays et savoir là d'où ils viennent. 

Fermer une communauté, c'est aussi envoyer un message à toutes les autres communautés environnantes qui se battent pour rendre dynamique leur village que ça ne vaut plus la peine de développer leur coin de pays, d'y créer un projet, d'y lancer une entreprise, d'y fonder une famille.  

À titre de présidente de la Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec, il m'apparaît important de réitérer les valeurs du réseau des forums jeunesse qui considèrent que le développement durable du Québec ne peut se faire qu'en comptant sur ce que chaque territoire a à offrir dans une logique de respect mutuel et de valorisation de la diversité. On ne peut construire un État fort en posant des territoires contre d'autres ou en regardant de haut des milieux de vie. Je crois que le Conseil du patronat est un acteur important pour nos débats sociaux, mais je me permets de m'attendre à plus de sa part dans le cadre du dossier actuel. 

Élise-Ariane Cabirol, présidente, Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec (TCFJRQ)

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