La liberté d'expression a besoin de Charlie

À Québec, 2000 personnes ont participé dimanche à... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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À Québec, 2000 personnes ont participé dimanche à une marche en soutien à la liberté d'expression.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Le Soleil

En réaction au texte «La liberté d'expression a un prix» de Marlène Gagnon

Je viens de lire l'opinion d'une dame qui affirme ne pas être Charlie parce que, maintenant plus que jamais, dit-elle, la liberté d'expression a un prix démesuré: désormais, les journalistes, caricaturistes et humoristes éprouveront un malaise à livrer leur message... Et la dame de poursuivre sa réflexion sur les limites souhaitables à cette liberté au regard du respect et de la tolérance.

Or, les manifestations monstres que nous avons vues ces derniers jours attestent toutes avec fermeté que la liberté d'expression ne devrait pas avoir un tel prix: c'est l'essence même du slogan «Je suis Charlie». Car dans son exercice, la liberté d'expression ne doit pas avoir du tout de prix ou de limite: tout comme l'air que nous respirons, elle doit être gratuite et illimitée pour tous à l'intérieur du cadre juridique fixé par nos États démocratiques. Ce qui implique que tous les Charlie de ce monde ont le droit d'être satiriques, mordants, voire même grossiers et impolis dans l'expression de leurs opinions. Car à partir du moment où la bienséance devient loi et passible de sanctions, à partir du moment où se moquer des travers d'un peuple ou d'une religion peut vous conduire en prison, alors la liberté d'expression disparaît et, avec elle, la démocratie. 

Certes, caricaturer Mahomet ou Jésus peut offenser certains croyants, mais ne pas pouvoir le faire sous peine de sanctions aurait des conséquences bien plus graves encore. Car aucune religion, aucun gouvernement, aucune culture ou tradition ne doit être à l'abri de la critique. Les remises en question sont salutaires, voire essentielles pour nos sociétés et peuvent de ce fait, à la limite, être moqueuses, si la moquerie n'est pas diffamante ou une incitation à la violence. Personnellement, je ne suis pas un amateur des procédés satiriques, qui tombent souvent dans l'humour de mauvais goût. Mais, justement, nous sommes ici en matière de goûts et de couleurs, dont on ne peut discuter comme le dit si bien le dicton. Car que resterait-il de notre liberté si l'on pouvait nous les imposer ?

Pierre Gagné, Québec

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