Affaire Badawi

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Un rassemblement a lieu ce mardi à Montréal pour réclamer que l'on mette fin au châtiment de Raif Badawi.

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Le Soleil

Lettre à Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Tout de suite après l'attentat qui a eu lieu dans les locaux du magazine Charlie Hebdo, un autre événement sombre pour la démocratie et la liberté d'expression s'est produit en Arabie saoudite à cause de l'intransigeance religieuse qui caractérise cette monarchie islamique. Quarante-huit heures à peine après que les autorités saoudiennes aient condamné officiellement le carnage commis à Paris, dont l'horreur a ébranlé la planète entière et dont les victimes sont mortes pour avoir eu le courage de dénoncer l'intégrisme islamique, le jeune blogueur saoudien Raif Badawi a été flagellé publiquement 50 fois après la prière hebdomadaire devant une mosquée dans la ville de Djeddah. Le seul crime qu'on lui reproche, c'est d'avoir osé critiquer le fondamentalisme religieux sur son site web. 

En mai 2014, à la suite d'un procès entaché d'irrégularités, le tribunal pénal de Djeddah a condamné Raif Badawi à dix ans de prison, à une amende d'un million de riyals (267 000 dollars) et à 1000 coups de fouet répartis sur 20 semaines. Le 9 janvier dernier, cette sentence a été mise à exécution et le prisonnier d'opinion, enchaîné aux mains et aux pieds, debout et dos à la foule, a été fouetté sévèrement pendant une quinzaine de minutes. Il recevra ainsi 50 autres coups de fouet chaque vendredi au cours des 19 prochaines semaines, après la prière, car, en Arabie saoudite, on prie Allah avant de passer à l'exécution des sentences. On ne peut qu'imaginer la souffrance et la détresse de la famille de M. Badawi dont l'épouse est actuellement réfugiée à Sherbrooke avec ses trois jeunes enfants.

Monsieur le premier ministre, nous vous demandons instamment d'intervenir auprès des autorités saoudiennes pour réclamer la libération immédiate de Raif Badawi. Vous avez sans aucun doute des entrées dans ce pays pour y avoir pratiqué la médecine pendant plusieurs années ; vous avez même été conseiller du ministre de la Santé. Rien ne peut être vraiment reproché à M. Badawi. Il a seulement exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression. En outre, nous vous exhortons à faire des pressions auprès des dirigeants de l'Arabie saoudite afin qu'ils cessent d'inculper des personnes pour dissidence religieuse et qu'ils arrêtent de recourir à des châtiments cruels et inhumains, telle la flagellation, qui relève de la torture et contrevient au droit international.

En espérant vivement que, à titre de chef d'un gouvernement démocratique, vous prendrez la défense du prisonnier d'opinion qu'est Raif Badawi, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de nos sentiments distingués.

Claude Simard pour le Rassemblement pour la laïcité, Québec

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