Compétences et connaissances ne sont pas inconciliables

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Le Soleil

En réaction à l'opinion de Benoit Bergeron, «Dissiper le brouillard en éducation», publié le 4 janvier 2015

Dans son texte, M. Bergeron pose qu'«En effet, l'évaluation des compétences s'appuie sur les compétences initiales de chaque élève, alors que les épreuves uniques supposent un socle de connaissances communes à tous les élèves du Québec. Ce sont deux conceptions de l'éducation inconciliables.» À moins que nous ayons des définitions différentes du concept de compétence, je ne vois pas en quoi les apprentissages des compétences et des connaissances seraient inconciliables. En effet, pour moi, être compétent dans un domaine implique d'avoir certaines connaissances dans ce domaine. Un charpentier compétent doit avoir des connaissances sur les matériaux et les outils qu'il utilise, tout comme un médecin doit avoir des connaissances en anatomie pour être compétent. De fait, le concept de compétence, bien compris, englobe celui de connaissance. 

D'autre part, je comprends la frustration de M. Bergeron lorsqu'il nous donne comme exemple celui de l'élève qui avait appliqué la démarche historique (une caractéristique d'une compétence), mais en faisant fi des connaissances pertinentes (les faits historiques). Tout comme lui, j'aurais jugé cet élève incompétent.

Cela étant dit, je ne voudrais pas que l'on retourne qu'à l'apprentissage et à l'évaluation des connaissances. Je crois en effet que l'apprentissage de compétences (englobant évidemment l'apprentissage des connaissances liées à ces compétences) est une amélioration significative de l'éducation de nos jeunes. 

Le débat entre l'apprentissage de compétences et celui de connaissances m'apparaît donc un faux problème. Le vrai problème, selon moi, est plus de nature pratique qu'idéologique. C'est celui de l'évaluation de compétences. Il est en effet assez facile d'évaluer des connaissances (quelquefois, un simple test avec des choix de réponses peut suffire) alors qu'évaluer des compétences peut s'avérer plus complexe. Certaines matières s'y prêtent mieux que d'autres, comme les sciences exactes où l'on peut décortiquer une compétence en étapes assez précises d'une démarche de résolution de problème. D'autres matières s'y prêtent moins bien, car l'expression de la compétence peut passer par des démarches différentes, laissant une certaine place à la créativité et donc à des différences entre les élèves. 

Mais doit-on, parce que plus difficile à évaluer, laisser tomber l'apprentissage des compétences? Je ne crois pas, car, par l'apprentissage des compétences (bien comprises et bien enseignées), nous nous approchons de cet adage disant «qu'une tête bien faite est mieux qu'une tête bien pleine.»

Yves Goudreault

Rivière-du-Loup

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