Dévaloriser un geste de coeur

Hartmut Maier, en compagnie de Gaston Déry, fils... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Hartmut Maier, en compagnie de Gaston Déry, fils du commandant Stanislas qui avait sauvé la vie de son père en 1944 durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Le Soleil

En réaction au point de vue de Jocelyn Couture, «Stanislas Déry, l'autre coté de la médaille», mis en ligne le 1er janvier

J'ai lu avec stupéfaction le point de vue de M. Couture sur l'idée de commémorer le geste de Stanislas Déry de sauver de la noyade des Allemands dont le U-Boot venait de couler. Selon lui, l'idée ne tient pas la route, car le lieutenant Déry a désobéi aux ordres et mis en danger la sécurité du convoi qu'il protégeait. Et il termine en comparant l'événement du sauvetage des marins allemands avec un autre événement, la trêve de Noël 1914 durant la Guerre mondiale, ce dernier événement méritant d'être commémoré selon lui.

Pourtant, s'il y a un événement où les soldats ont bien désobéi aux ordres, c'est bien celui de la trêve de Noël 1914. Selon l'historien André Champagne qui donnait une entrevue sur ce sujet en décembre dernier à la radio de Radio-Canada, ce fut un geste spontané de la part des soldats de part et d'autre du front. Évidemment, l'État-major et le haut commandement de tous ces soldats n'avaient donné aucun ordre de fraterniser avec l'ennemi.

Si on suit la logique du pire que M. Couture utilise pour analyser le geste de Stanislas Déry 30 ans plus tard dans le golfe du fleuve St-Laurent, à savoir que l'ennemi aurait pu attaquer pendant le sauvetage, qu'aurait-il pu arriver en 1914 si cette fraternisation avait été une ruse des Allemands et que ceux-ci avaient lancé une attaque-surprise? À partir du moment où un soldat donne un cadeau à un autre soldat, que ce soit des cigarettes anglaises à un Allemand ou la vie sauve pour les marins des U-Boots, la logique de la guerre n'est plus respectée. 

Les hauts commandements des armées sur le terrain lors de la trêve de 1914 ont longtemps cherché à cacher cet épisode, car il fut un geste d'humanité spontanée. Exactement comme le geste de Stanislas Déry. Ces deux événements sont de même nature, pourquoi dévaloriser celui qui s'est produit ici tout près de nous par l'un des nôtres? 

Compte tenu du peu de commémorations qui existe ici au Québec en lien avec les deux Guerres mondiales, hormis le jour du Souvenir, je trouve dommage de dévaloriser ainsi un geste de coeur qui est dans la même lignée que celui des simples soldats de la trêve de 1914. Mais semble-t-il que c'est toujours meilleur quand ça vient d'ailleurs...

Alain Déry (sans lien de parenté avec Stanislas Déry)

Québec

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