Une médecine pour moi

La profession de médecin vient avec des obligations.... (Photo Thinkstock)

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La profession de médecin vient avec des obligations. Il n'est pas normal que des cliniques ferment à midi le vendredi et que les patients doivent attendre jusqu'au lundi.

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Le Soleil

Depuis l'annonce du projet de loi 20, je me sens toute croche... Je pratique une médecine inadéquate? Vide de sens? Inutile? Ne suis-je bonne à rien? Ai-je fait les bons choix? Ça tourne dans ma tête. J'arrive à 20 ans de pratique, en plein dans la mire de notre cher ministre! J'ai débuté ma pratique à 70 % et l'ai fait pendant trois ans, car même si ça semble paradoxal, c'est la pénalité qu'on m'imposait à l'époque pour travailler en clinique privée et prendre en charge des patients...je travaillais alors plus de 60 heures par semaine et après quelques années, j'ai aussi décidé de fonder une famille. 

Après la naissance de mon premier enfant, le choix s'imposait pour moi de diminuer mes heures de travail et, de façon légitime, j'ai trouvé un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Ensuite, j'ai eu mon deuxième enfant et, effectivement, je n'ai à ce jour jamais refait de semaine de 60 heures. Quelle horreur, n'est-ce pas, monsieur le ministre... J'ai le besoin profond d'être auprès de mes enfants, d'en profiter et de les voir grandir. Par contre, en parallèle, je pense sincèrement faire ma part et avoir trouvé un équilibre vital pour moi et ma famille. 

J'ai toujours choisi une pratique moins conventionnelle, moins «glamour», moins «clinquante» (CLSC, enseignement, soins à domicile, réadaptation), mais aussi moins payante et plus près de mes valeurs. Oui, je suis dans l'odieux 60 % des docteurs qui ne travaillent pas, selon vous, et je m'en confesse. Par contre, le salaire que je fais est en lien direct avec les heures que je travaille et, ne vous inquiétez pas, lorsque je suis à la maison je ne reçois aucune prime! Mon salaire à moi c'est de voir mon patient tétraplégique me sourire enfin, c'est qu'on me serre la main en me disant merci de mon écoute, c'est de voir une conjointe me faire un câlin, c'était d'entendre Gustave me dire que je suis son rayon de soleil de la semaine. Mais mon salaire c'est aussi d'aller chercher mes enfants à la sortie des classes et de les voir arriver avec leurs grands sourires, contents de revenir à la maison avec maman.

Mais malheureusement, je dois tout remettre en question, car je ne peux me permettre qu'on m'ampute mon salaire de 30 %, car ce n'est pas vrai que je fais 250 000 $ par année. Et même si je le pouvais, est-ce que je l'accepterais? Non! Je me sentirais humiliée, dénigrée et bafouée. Mon travail ne vaut que 70 %? 

Et voilà. J'en ai gros sur le coeur, Monsieur le Ministre, et j'espère sincèrement que vous saurez vous montrer digne et respectueux dans les choix que vous ferez... Mais je trouve que c'est bien mal parti!

Dre Eve-Marie Gagné

CLSC Saint-Romuald

Sainte-Pétronille

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